La logistique est une réalité omniprésente, mais souvent invisible
dans l’organisation des villes. Elle se manifeste en assurant des
services essentiels : le transport et la distribution des marchandises,
le stockage et le traitement des commandes, la gestion des flux de
produits et de leurs retours. Elle permet l’adaptation aux besoins
croissants de produits des habitants, des visiteurs et des activités
des territoires urbains.
La logistique urbaine est ainsi un élément structurant de la vie
économique et sociale des villes contemporaines. L’essor visible dans
l’espace urbain des véhicules utilitaires électriques, des vélos-cargo
ou encore des nouveaux formats d’immobilier logistique, avec en parallèle
l’essor numérique des plateformes de livraison à la demande, témoignent
des transformations en cours. En pleine expansion avec la croissance
du e-commerce, la mise en place d’une économie circulaire et de circuits
sophistiqués de recyclage, l’évolution des attentes des consommateurs,
la logistique urbaine doit aujourd’hui répondre à des défis majeurs,
résumés par ces questions.
Comment optimiser la circulation des flux de marchandises dans
des espaces urbains en extension et de plus en plus contraints ? Comment
insérer des hubs de logistique urbaine dans le bâti des villes ? Quels
sont les impacts sociaux et environnementaux des flux de produits ?
Comment bénéficier au mieux de ces impacts lorsqu’ils sont positifs
et comment réduire les impacts négatifs de la logistique ?
Face aux problèmes de congestion, de pollution atmosphérique et
de nuisances sonores, les villes sont confrontées à la nécessité de
repenser l’organisation de la distribution urbaine. Longtemps perçue
comme une question purement technique, la logistique urbaine est désormais
un enjeu stratégique qui mobilise un large éventail d’acteurs : prestataires
de transport et d’entreposage, petites entreprises du « dernier kilomètre »
de la livraison, collectivités locales, élus, aménageurs, urbanistes
et services techniques, acteurs du numérique ou encore citoyens. La
logistique urbaine soulève donc diverses questions de régulation.
Alors que les infrastructures et la voirie sont des ressources
limitées, comment arbitrer entre les besoins de la logistique et ceux
des autres usagers de l’espace public ? Quelle place accorder aux
nouvelles formes de livraison, qu’il s’agisse de la micro-mobilité,
des nouveaux métiers intermédiés par des algorithmes ou de l’automatisation ?
Dans quelle mesure les politiques publiques, notamment les zones à
faibles émissions, le Zéro artificialisation nette (ZAN) ou la régulation
des formes de plus en plus diversifiées du e-commerce, peuvent-elles
favoriser un modèle plus durable de logistique urbaine ?
...