La maintenance est un processus stratégique pour beaucoup d'entreprises car elle soutient leur compétitivité et contribue à maîtriser les risques. Elle n'est plus alors considérée comme génératrice de coûts, mais comme un moyen d'action déterminant pour accroître les performances et les bénéfices. Ce but n'est cependant atteint que si les interventions sont réalisées dans les règles de l'art, au bon endroit, au bon moment, et pour un coût global maîtrisé.
Le processus maintenance doit donc être soigneusement piloté pour rester en permanence aussi proche que possible de l'optimum qui évolue sous l'influence de multiples facteurs externes (variations : de la demande et donc de la production, du coût du travail, du coût des matières premières et de l'énergie, etc.). Plus il est efficace pour maintenir l'outil de production dans l'état requis avec un minimum de dépenses et plus l'entreprise est concurrentielle et profitable.
Pour suivre et atteindre les objectifs fixés, la Direction doit pouvoir s'appuyer sur des processus qui s'adaptent et s'améliorent continûment. De ce fait, les responsables de maintenance jouent un rôle important dans l'équipe de pilotage et ils ont besoin d'instruments de mesure. On n'imagine pas la salle de commande d'une usine ou le cockpit d'un avion sans synoptiques dynamiques, sans tableau de bord, sans alarmes, sans enregistreurs qui permettent d'observer le comportement des systèmes et l'effet des actions réalisées. Il faut donc « instrumenter » c'est-à-dire collecter des informations utiles, les exprimer sous forme d'indicateurs et, pour mieux comprendre et interpréter ce qu'ils nous disent, les rassembler en créant des tableaux de bord. On peut ainsi manager la maintenance avec précision et efficacité plutôt que de naviguer à vue avec une mauvaise visibilité.
Calculer des indicateurs :… oui, mais lesquels ? Et comment les interpréter, puis s'en servir pour agir ? C'est à ces questions que nous allons tenter d'apporter des éléments de réponse. Pour cela, nous commencerons par les positionner dans le processus de management pour distinguer les différentes étapes qu'il faut accomplir pour améliorer effectivement les performances. Pour y voir plus clair dans la multitude d'indicateurs que l'on peut rencontrer ou définir, il sera utile de proposer une classification selon les caractéristiques mesurées et de préciser leurs propriétés.
Nous proposerons ensuite de se baser sur une décomposition de la maintenance en processus de manière à suivre la qualité de leur exécution en déterminant les expressions d'indicateurs précis et ciblés. Ces indicateurs, une fois calculés, devront être comparés à des valeurs de référence pour évaluer les activités de maintenance. Pour établir un bon diagnostic, il...