Dès la préhistoire du chemin de fer s’est posé le problème de ralentir puis arrêter les véhicules, quel que soit leur mode de propulsion. Très vite, le frein à friction, utilisant le frottement d’un matériau sur un autre pour produire un effort et dissiper l’énergie cinétique sous forme de chaleur, s’est imposé en raison de sa facilité de mise en œuvre.
Ainsi, un historien, ayant visité les mines de Leberthal en Alsace (France) vers 1550, nous apprend qu’« une pièce de bois, disposée horizontalement au-dessus d’une roue, était articulée au flanc du wagonnet. Le conducteur, qui était un enfant, pouvait ainsi appuyer de la main ou du pied contre la périphérie de la roue et modérer la vitesse de ces chariots miniers lancés dans de faibles déclinaisons ». Il s’agit ici de l’ancêtre du frein à sabots.
Durant l’essor du chemin de fer au début du XIX
e
siècle, le freinage fait toujours appel au frein à friction, sous la forme là encore d’un frein dit à sabots venant frotter sur les roues des véhicules, s’inspirant directement du dispositif de freinage en vigueur sur les diligences de l’époque.
Ainsi en est-il du chemin de fer entre Saint-Étienne et Andrézieux, mis en service en 1827. Dans le sens de la descente, les convois, qui pouvaient compter jusqu’à 14 véhicules pesant chacun 5 tonnes en charge, avançaient par le simple effet de la gravité. Ils étaient donc équipés d’un système de freinage sous la forme, sur chaque wagon, de deux sabots montés tête-bêche sur un levier pivotant autour d’un axe lié au châssis.
L’arrivée des premières locomotives à vapeur est par ailleurs l’occasion de mettre en œuvre les premiers freins dynamiques : la distribution de la vapeur aux cylindres était conçue de telle sorte qu’il soit possible de fonctionner en marche arrière (on dit alors « battre contre vapeur ») pour ralentir le convoi en cas d’obstacle inopiné sur la voie.
Dès lors, et durant près de 150 ans, la technique du freinage n’évolue pratiquement plus. Le premier matériau employé pour la fabrication des semelles, à savoir le bois, fait cependant place, durant le XIX
e
siècle, à la fonte en raison d’une meilleure efficacité (notamment vis-à-vis des risques d’incendie liés à l’échauffement durant le freinage) et du faible coût procuré par le développement de la sidérurgie à cette époque.
Il faut donc attendre les années 1960, et la course à la vitesse lancée par les exploitants ferroviaires au Japon et en Europe afin de contrer l’essor de l’automobile et du transport aérien, pour observer le développement de nouveaux types de freins. Apparaissent alors les trains à grande vitesse (200 à 210 km/h) :...