La récupération et le recyclage des déchets de production et des produits en fin de vie permettent de rendre renouvelables les matières premières. On peut estimer que la récupération des métaux précieux (platine Pt, palladium Pd, rhodium Rh, or Au et argent Ag) constitue économiquement un apport sensible dans l’optique d’un développement durable. Si pour le domaine global des métaux, le recyclage représente environ le tiers des besoins de l’industrie française, paradoxalement, la situation n’est pas meilleure pour les métaux précieux dont le recyclage est de l’ordre de quelques dizaines de pour-cent de la consommation. Cette situation est explicable : en effet, les métaux précieux ne sont systématiquement régénérés que s’ils interviennent dans un processus industriel (réfractaire ou catalyseur au Pt). Lorsqu’ils entrent dans la composition de produits, les quantités utilisées sont infimes et les « gisements » sont pauvres et dispersés. De plus, leur inaltérabilité naturelle fait que le secteur bijouterie-joaillerie n’apporte qu’une contribution faible.
L’emploi de
Pt-Pd-Rh
en
catalyse automobile
(épuration des gaz de combustion par des pots catalytiques) qui est de loin le secteur d’utilisation des platinoïdes le plus important en France (90 % des utilisations) est récent (norme EURO I entrée en vigueur le 01/01/93) : la première génération de véhicules équipés de pots catalytiques arrive à peine en fin de vie. On utilise dans l’industrie automobile française de l’ordre de 4,5 t de Pt et 9 t de Pd, et environ 42 t de Pt et 67 t de Pd dans l’industrie automobile mondiale. Le traitement des pots catalytiques a donc un impact national et mondial extraordinaire.
Les
déchets électroniques
ou
scraps
sont considérés comme un des principaux matériau à recycler car il contient d’une part des métaux précieux (Pt, Pd, Rh, Au, Ag) et d’autre part des métaux de base qui peuvent se révéler dangereux comme métaux lourds pour l’environnement. Le développement de l’informa-tique, de l’automatisme et d’une façon générale, des industries alimentant le secteur audiovisuel font prévoir une abondance de ce type de déchets à recycler bien que les quantités décroissantes de métaux précieux utilisés, la miniaturisation des composants, la décroissance d’activités dans le secteur de l’armement jouent en sens contraire. Pour le moment, on ne recycle en Europe que 10 % des déchets électroniques car le coût de la récupération est souvent plus élevé que celui des valeurs contenues dans les déchets.
La position du
recyclage de l’or
est plus difficile à...