Létude viscoélastique fait partie intégrante des méthodes de caractérisation
des matériaux déformables, qu’il s’agisse de fluides, de plastiques,
de gels, de mousses, de liquides biologiques, etc. Elle permet de
connaître le comportement du matériau en réponse à une sollicitation
mécanique sur un large spectre de fréquences pouvant aller du millième
de rad/s à une centaine de rad/s. La sollicitation en cisaillement
permet de distinguer un comportement solide d’un comportement liquide
(visqueux) par son absence de résistance au cisaillement.
Compte tenu de l’importance des informations issues de l’étude
viscoélastique, l’objectif sera d’optimiser la mesure afin qu’elle
soit la plus fidèle possible aux propriétés du matériau considéré.
L’innovation consiste en l’optimisation de la chaîne de transfert
de contraintes de cisaillement pour la mesure des propriétés dynamiques
des fluides dans une gamme de fréquences donnée, typiquement de 0,01 Hz
à 15 Hz.
Cette chaîne de transfert est notamment améliorée par le renforcement
des interactions interfaciales entre le fluide et le substrat en utilisant
des surfaces présentant une forte mouillabilité vis-à-vis du fluide,
alors que les mesures conventionnelles ne prennent pas en compte ce
paramètre. Une telle intégration novatrice met en évidence la nécessité
de considérer les propriétés du fluide comme dépendantes de l’échelle
d’observation. À l’échelle submillimétrique, les fluides peuvent notamment
présenter une élasticité de cisaillement dont les effets restent difficilement
détectables avec les approches conventionnelles à l’échelle millimétrique.
Revisiter les protocoles de mesure utilisés en rhéologie est donc
une nécessité, en exploitant les avancées faites dans des disciplines
connexes, comme la tribologie, l’adhésion, le mouillage, ou encore
l’analyse thermique.