Depuis l’avènement de la microélectronique et l’émergence des
microsystèmes à la fin des années 1990, beaucoup de travaux de recherche
ont porté sur le développement de nouveaux capteurs faible coût, faible
encombrement, faible puissance consommée, faible temps de réponse.
Au début des années 2000, l’intérêt des capteurs de gaz pour la mesure
de traces de polluants, de gaz toxiques ou pour la mesure de la qualité
de l’air intérieur ou extérieur a généré bon nombre de recherche et
de développements aussi bien en technologie qu’en science des matériaux
pour répondre à cette très forte demande. Déjà en 2015, plus de 75 %
des détecteurs de gaz étaient portables.
Il est important de rappeler que l’Organisation mondiale de la
santé (OMS) a alerté en 2019 que la pollution de l’air a tué plus
de 7 millions de personnes dans le monde. En France, cela représente
plus de 40 000 morts par an qui seraient associés à la pollution de
l’air (soit 13 fois plus que le nombre de morts sur la route).
S’agissant d’un sujet de santé publique majeure, un certain nombre
de règlementations et de normes ont vu le jour pour évaluer, aussi
bien l’exposition de la population à la pollution (intérieure comme
extérieure), que les actions entreprises par les différentes Autorités
pour limiter cette pollution. D’autre part, il devient capital d’effectuer
suffisamment de mesures pour être le mieux informé possible sur la
qualité de l’air ambiant.
En France, en 2013, un plan d’action sur la qualité de l’air intérieur
a été lancé par les ministères de l’Environnement et de la Santé.
Ce plan prévoyait des actions à court, moyen et long terme afin d’améliorer
la qualité de l’air dans les espaces clos, dont :
la création d’une application grand public permettant d’améliorer
la qualité de l’air dans son logement ;
la mise en œuvre de la surveillance de la qualité de l’air
dans certains établissements recevant du public, dont les écoles et
crèches ;
la mise en œuvre d’une surveillance dans des lieux présentant
des pollutions spécifiques, telles que les enceintes ferroviaires
souterraines ;
la réduction de l’exposition aux principales sources de
pollution de l’air intérieur (produits désodorisants : encens, bougies,
diffuseurs, produits d’entretien et meubles…), en travaillant en particulier
sur l’information et l’étiquetage de ces produits ;
l’interdiction progressive de l’utilisation du perchloréthylène
dans les pressings ;
la publication de valeurs guides pour l’air intérieur ;
le soutien au développement du métier de conseiller...