Texturation biomimétique des surfaces - Innovation pour une industrie agroalimentaire frugale

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Texturation biomimétique des surfaces - Innovation pour une industrie agroalimentaire frugale

Auteur(s) : Caroline RICHARD, Yan-Ming CHEN

Date de publication : 10 septembre 2021 | Read in english

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RÉSUMÉ

La texturation des surfaces d’aciers inoxydables utilisés dans l’industrie agroalimentaire, grosse consommatrice d’eau, est l'objet du présent article. Il s’agit de maîtriser les topographies de surface afin d’éviter l’établissement de biofilms. Pour ce faire, divers exemples bio-inspirés,tant du règne animal que du règne végétal, sont répertoriés . Différents procédés représentatifs sont également illustrés. Ils vont des procédés laser aux procédés de type lithographie ou embossage thermique. Les modifications de surface par greffage de composés chimiques sont évoquées mais non détaillés.

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AUTEUR(S)

  • Caroline RICHARD : Professeur des universités - GREMAN CNRS UMR 7347 - Université de Tours, CNRS, INSA Centre Val de Loire,Tours, France

  • Yan-Ming CHEN : Ingénieur, expert référent en tribologie, usure et frottement - Laboratoire de tribologie du CETIM, Senlis, France

 INTRODUCTION

L’industrie agroalimentaire (IAA) en France est un secteur économique de première importance représentant environ 10 000 entreprises avec un chiffre d’affaires avoisinant les 140 milliards d’euros. Elle se place directement derrière l’industrie automobile (avant la crise de la Covid-19). Son premier sous-secteur est celui des industries de la viande avec 2 600 entreprises majoritairement localisées en régions Bretagne-Normandie et Rhône-Alpes-Auvergne avec environ 100 000 emplois à la clé et 33 milliards de chiffre d’affaire (source INSEE 2016) soit un quart des IAA. Il recouvre toutes les activités d’abattage, de découpe, stockage des viandes de boucherie et de volailles, et tout ce qui concerne la préparation industrielle de produits à base de viande (meatpacking). Cette industrie spécifique est une grosse consommatrice en eau, en particulier pour le nettoyage et l’assainissement des outils et équipements de production (bandes transporteuses, lames de découpe, etc.). En effet, les risques de contamination bactérienne dans les ateliers sont plus grands à cause du nombre plus important d’opérations souvent plus complexes nécessaires pour la production de la viande préemballée et/ou hachée. À titre d’exemple, il faut compter en moyenne une consommation de 375 litres d’eau pour une carcasse de porc selon l’IFIP. On parle même d’eau virtuelle consommée (calcul global, parfois contesté et controversé) ou empreinte eau (Water Foot Print) des produits de consommation avec par exemple 15 000 litres d’eau par kilogramme de bœuf.

Il est dorénavant crucial, en particulier avec les différentes crises sanitaires traversées ou en cours, de pouvoir maîtriser et contrôler la gestion de l’eau de manière à la fois quantitative et qualitative, non seulement pour des raisons environnementale et économique mais aussi pour des raisons de sécurité alimentaire, et ainsi réduire les risques d’incidents systémiques dans cette industrie de transformation. La plupart de ces entreprises sont soumises à des obligations et réglementation européennes et/ou françaises avec des démarches environnementales certifiées ISO. Cependant, ceci passe aussi par une optimisation des procédés. En matière de nettoyage, la stratégie habituelle de réduction de la consommation en eau s’effectue souvent par des prénettoyages à sec (désincrustation des déchets solides), l’utilisation de petits rinçages avec des jets à moyenne pression plutôt que de grands rinçages à haute pression. Il s’agit également de réduire la quantité de produit nettoyant dilué dans l’eau afin de limiter les effluents et le traitement de leur rejet. Des changements dans les procédés de transformation, dans les outils eux-mêmes, sont encore possibles afin d’économiser l’eau. On peut en effet réagencer certaines étapes et éviter ainsi des lavages et/ou des refroidissements....

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