La microscopie électronique à balayage MEB (ou Scanning Electron Microscopy, SEM) est une technique puissante
d’observation des échantillons et en particulier de la topographie
des surfaces. Elle est fondée principalement sur la détection
des électrons secondaires émergents de la surface sous l’impact
d’un très fin faisceau d’électrons primaires qui balaye la surface
d’un échantillon et permet d’obtenir des images avec un pouvoir
séparateur souvent inférieur à 5 nm, et une grande profondeur
de champ.
Le MEB peut aussi utiliser, en complément de l’émission électronique
secondaire, d’autres signaux émis par les interactions entre les électrons
primaires et l’échantillon : les électrons rétrodiffusés, la diffraction
des électrons rétrodiffusés, les électrons absorbés, les électrons
transmis au travers d’une lame mince, ainsi que l’émission de photons
X, parfois celle de photons proches du visible, etc. Ces interactions
sont souvent significatives de la topographie ou de la composition de la surface, ou encore de l’orientation cristalline locale.
L’instrument permet de former un faisceau, très fin (jusqu’au
nanomètre), d’électrons accélérés par des tensions réglables de 0,01
à 30 kV, de le focaliser et de le balayer sur la zone de l’échantillon
à examiner. Des détecteurs appropriés, détecteurs d’électrons spécifiques
(secondaires, rétrodiffusés, etc.), complétés par des détecteurs de
photons, ou d’autres, permettent de recueillir des signaux significatifs
émis lors du balayage de la surface, et d’en former diverses images
alors synchronisées avec le balayage.
Le présent article rappelle la constitution de l’instrument, et
les interactions électrons-matière sources d’imagerie. L’article [P 866] précise
la formation des images, les sources de contraste, les récents développements
de l’instrument, et les diverses applications.