Les principes et les équipements de la microscopie électronique
à balayage font l’objet de l’article [P 865].
Dans ce deuxième article, sont présentés la formation des images,
les sources de contrastes, les récents développements de l’instrument
et les diverses applications.
Comme la source principale du contraste résulte de la grande variation
de l’intensité de l’émission électronique secondaire en fonction
de l’angle d’incidence du faisceau primaire, l’image courante en électrons
secondaires visualise le microrelief de l’échantillon. Avec
un excellent pouvoir séparateur, souvent inférieur à 5 nm, et une grande profondeur de champ, elle permet d’observer
finement la topographie de nombreux types de surfaces en génie
des matériaux (ruptures, dépôts, surfaces corrodées, échantillons
de microstructures révélées par une préparation appropriée, etc.),
en génie des microcomposants électroniques et en biologie. Le détecteur
Everhard-Thornley, ou détecteur à électrons secondaires, est utilisé
dans ce cas.
Les images acquises par le microscope électronique à balayage,
sous forme numérique, se prêtent très facilement au traitement
et à l’analyse d’image.
De nombreuses observations complémentaires, fondées sur d’autres
contrastes significatifs, sont réalisables sur certains types d’échantillons,
avec un pouvoir séparateur moindre :
imagerie de contraste chimique, de contraste cristallin,
de contraste magnétique, sur des échantillons quasi-plans de nombreux
matériaux solides, à l’aide d’un détecteur à électrons rétrodiffusés
(BSE) ;
imagerie de l’extrême surface des échantillons, à l’aide
des détecteurs placés dans la colonne du microscope ( In-Lens) ;
imagerie en contraste de potentiel et en courant induit,
pour les semi-conducteurs et les microcircuits ;
microanalyse élémentaire locale, par spectrométrie des rayons
X (EDS), ou par repérage de traces élémentaires par cathodoluminescence ;
imagerie d’orientation cristalline, de texture, ou des joints
de grains, à l’aide d’une caméra sensible à la diffraction des électrons
rétrodiffusés (EBSD).
Depuis quelques années, de nouvelles générations d’instruments
sont venues compléter les microscopes classiques :