Les entreprises agroalimentaires sont particulièrement concernées par les démarches de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) du fait de leur incidence forte sur les environnements naturels, sociaux et économiques, les trois piliers de la responsabilité sociétale : autrement dit, de leur rôle en tant qu’acteurs majeurs du développement durable.
Dans un premier temps, la RSE est contextualisée dans l’histoire récente de l’environnement agroalimentaire français et européen, tant sur le plan institutionnel que professionnel. En effet depuis une douzaine d’années, les institutions publiques, nationales et communautaires ont largement investi sur le sujet. Mais le monde professionnel a lui aussi innové et les démarches qui émergent aujourd’hui sont souvent les héritières d’initiatives plus anciennes en matière d’agriculture biologique, d’environnement, d’agriculture durable, de commerce équitable et de développement local. La RSE se situe donc – au moins partiellement – dans la continuité stratégique d’acteurs engagés en faveur de leur environnement et soucieux d’identifier les impacts négatifs ou positifs de leurs actions sur celui-ci.
Dans un deuxième temps sont développées des initiatives concrètes majeures prises en agroalimentaire par des collectifs d’entreprises, des entreprises ou des organismes, notamment depuis la parution en novembre 2010 de la norme
ISO 26000
. La création de cette norme et son adaptation rapide à l’agroalimentaire constituent un tournant majeur pour la RSE car elle permet d’intégrer, dans une approche officielle et internationalement reconnue, les trois piliers de la démarche (environnement, économique et social). Pour autant, l’approche par la norme n’épuise pas la complexité et la diversité des initiatives car la RSE peut se concrétiser sous de multiples formes, reflétant des orientations stratégiques différentes et des ambitions contrastées par rapport aux trois piliers, mais aussi des situations objectives distinctes selon les secteurs concernés : opposition entre PME et grands groupes, poids du secteur coopératif, initiatives sectorielles structurantes, initiatives privées de promotion de la démarche RSE, etc.
Enfin, la conclusion met en perspective les stratégies RSE initiées en agroalimentaire dans une vision à la fois contextuelle, historique et stratégique :
contextuelle car fortement marquée par les spécificités techniques du secteur, ainsi que par les contextes institutionnels et professionnels français et communautaires ;
historique car, même si la notion n’a émergé que dans les années 1950 aux États-Unis, le concept et ses pratiques ont fortement...