La méthode des éléments finis est utilisée pour résoudre les équations de Navier-Stokes. Cette méthode est très bien adaptée à l’approximation des équations régissant le comportement de fluides et permet aussi de fournir une approximation des domaines de définition des équations à résoudre, en particulier pour la prise en compte de frontières courbes. La résolution de ces équations avec diverses conditions aux limites et avec divers éléments finis admissibles est présentée. Des résultats de majoration d’erreur sont indiqués. Plusieurs méthodes diverses de résolution des systèmes discrétisés sont présentées. Enfin quelques applications ainsi que des codes d’éléments finis comparés à ceux en volumes finis sont indiqués et permettent de dégager des critères de choix de codes industriels.
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Pierre SPITERI : Professeur émérite - Université de Toulouse, INP – ENSEEIHT – IRIT, Toulouse, France
INTRODUCTION
Dans l’article [AF 1 404] nous avons présenté les concepts
méthodologiques conduisant à la modélisation par l’équation de Navier-Stokes
des phénomènes d’écoulements de fluides incompressibles ou compressibles,
laminaires ou turbulents. Pour résoudre numériquement ces équations
par différences finies nous avons considéré, d’une part, la formulation
courant-vorticité qui conduit à la résolution d’équations de Poisson
couplées à des équations de convection-diffusion et, d’autre part,
la formulation vitesse-pression. Cependant l’approximation de problèmes
aux limites par différences finies si elle est intéressante lorsque
le domaine Ω est de forme rectangulaire présente par contre des difficultés
de mise en œuvre lorsque Ω est de forme quelconque. C’est pourquoi
dans l’industrie on utilise de préférence la méthode des éléments
finis qui permet à la fois d’obtenir une approximation des opérateurs
aux dérivées partielles ainsi que du domaine Ω. On a vu également
dans l’article [AF 1 406] la résolution des équations de
Navier-Stokes par la méthode des volumes finis.
Pour des raisons de simplicité d’exposition on se limitera dans
cet article au cas de problèmes bidimensionnels stationnaires ; habituellement
on discrétise les dérivées par rapport au temps par différences finies
pour aboutir soit à des schémas en temps de type explicite soit à
des schémas en temps de type implicite, puis on utilise la méthode
des éléments finis pour discrétiser spatialement le problème semi-discrétisé
en temps. Que cela soit l’un ou l’autre schéma en temps, le point
crucial est donc constitué par l’approximation spatiale des opérateurs.
On abordera aussi la discrétisation temporelle par élément finis.
Compte tenu de la complexité de l’approximation du problème cible
par éléments finis, nous nous bornerons dans un premier temps à l’approximation
par éléments finis du problème linéaire de Stokes, correspondant aux
équations de Navier-Stokes sans le terme non linéaire de convection.
De...
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