L’omniprésence des solvants (organiques et aqueux) en chimie de
spécialité génère une quantité de déchets considérable et requiert
le développement de procédés d’extraction souvent coûteux et chronophages.
De plus, la mise en place d’une réglementation de plus en plus contraignante
conduit le monde industriel et académique à repenser la « problématique
solvant ». Ainsi cette conjoncture offre à l’homme du métier une possibilité
d’ouverture et d’évolution vers une chimie plus durable et plus respectueuse
de l’environnement via la recherche de procédés ou de solvants alternatifs.
Si des approches sans solvants sont aujourd’hui réétudiées, la
plupart du temps la substitution des solvants s’impose. À ces fins,
des outils d’aide à la décision (méthode de Hansen-HSP, approches
in silico type COSMO-RS) ont été développés, mais l’expertise de l’expérimentateur
reste un passage obligé.
De très nombreuses alternatives sont aujourd’hui présentes sur
le marché ou en cours de développement. Cependant, compte tenu du
coût lié au changement d’un procédé, le choix de « LA » solution de
remplacement s’avère souvent crucial et difficile. Néanmoins, cette
notion de coût doit être analysée avec discernement, et notamment
comparée aux coûts réels (et futurs) liés au retraitement et/ou à
la destruction des solvants dans les procédés actuels.
Afin d’aider l’utilisateur dans ses choix, nous dressons ici un
panorama des principales solutions de remplacement et discutons de
la pertinence de chacune d’entre elles en termes environnementaux
mais également économiques. Les avantages/inconvénients de chacune
de ces approches seront discutés.