Dans de nombreux domaines de la physique appliquée, tels que l’optique, le radar, la thermique, la spectroscopie, la géophysique, l’acoustique, la radioastronomie, le contrôle non destructif, le génie biomédical, l’instrumentation et l’imagerie en général, se pose le problème de la détermination de la distribution spatiale d’une grandeur scalaire ou vectorielle, souvent appelée l’
objet
, à partir de mesures. Selon les cas, ces mesures de l’objet sont directes – on parle alors d’
image
– ou indirectes – on parle alors de
projection
dans le cas de la tomographie, ou de
visibilité
en astronomie, par exemple. La résolution d’un tel problème d’imagerie peut être habituellement décomposée en trois étapes :
un
problème direct
où, connaissant l’objet et le mécanisme d’observation, on établit une description mathématique des données observées. Ce modèle doit être assez précis pour fournir une description correcte du phénomène physique d’observation, et assez simple cependant pour se prêter à un traitement numérique ultérieur ;
un
problème d’instrumentation
où l’on doit recueillir des données le plus informatives possible afin de résoudre le problème d’imagerie dans les meilleures conditions ;
un
problème inverse
où l’on doit calculer une image acceptable de l’objet à partir du modèle et des données précédents.
Une bonne estimation de l’objet nécessite évidemment que ces trois sous- problèmes soient étudiés de manière coordonnée. Or, la caractéristique commune de ces problèmes de reconstruction ou de restauration d’image est qu’ils sont souvent mal-posés ou mal-conditionnés. Les problèmes de plus haut niveau que l’on rencontre en vision par ordinateur, tels que la segmentation d’image, le traitement du flot optique, la reconstruction de formes à partir d’ombrages, sont aussi des problèmes inverses et ils souffrent des mêmes difficultés.
Il existe, schématiquement, deux grandes communautés scientifiques qui s’intéressent à ces problèmes inverses, d’un point de vue méthodologique :
celle de la
physique mathématique
, que l’on peut rattacher aux travaux fondateurs de Phillips, Twomey et Tikhonov dans les années 1960, dont P.C. Sabatier fut un des pionniers en France (avec son action thématique programmée du même nom), et dont une revue représentative est « Inverse problems » ;...