La sécurité de tous les systèmes de transport repose sur deux grands principes : la maîtrise des énergies mises en jeu (notamment les risques d’explosion de l’énergie embarquée, ou de perte d’un composant en cours de trajectoire) et la maîtrise de la trajectoire (éviter la collision avec un autre convoi, ou avec des bâtiments ou des installations proches).
Le remplacement des locomotives à vapeur par des locomotives à moteurs thermiques puis électriques a permis une bonne maîtrise des risques énergétiques même si le risque incendie d’un convoi reste toujours un enjeu important. L’intégrité du guidage mécanique du convoi (rails et aiguillages pour l’infrastructure, roues ou essieux pour les convois) est un impératif absolu : une défaillance conduit à des chocs d’une grande violence en raison des énergies mécaniques mises en jeu.
La maîtrise de la trajectoire constitue un second enjeu fondamental. En effet, le ferroviaire étant un mode guidé unidimensionnel, l’équipage ne peut pas changer sa trajectoire pour éviter une collision : il ne peut que l’anticiper par le freinage. La détection à temps du risque de choc n’est pas toujours cohérente avec les distances d’arrêt de plusieurs centaines de mètres (en particulier pour des voies en courbe ou lors de conditions atmosphériques dégradées), conséquences du faible frottement du contact roue-rail. C’est pourquoi le système ferroviaire met un soin tout particulier à la planification détaillée des mouvements pour éviter toute trajectoire sécante entre convois, et a développé des techniques d’espacement des trains afin de garantir des distances d’arrêt suffisantes. Ce dispositif est complété par des procédures très strictes pour les aiguilleurs ou les conducteurs et le développement de technologies de communication en temps réel pour transmettre l’alerte au conducteur avant même qu’il puisse voir lui-même le danger.
Le système ferroviaire est également très vulnérable aux intrusions sur son infrastructure, que ce soit par des véhicules ne s’arrêtant pas à un passage à niveau, par des engins agricoles ou de chantier à proximité immédiate des voies, ou par des évènements géologiques ou atmosphériques venant détériorer l’infrastructure (inondations, éboulements), sans qu’elles puissent toujours être détectées avant le passage du convoi.
Les comportements des riverains ou des passagers constituent une préoccupation croissante aussi bien pour les intrusions que pour les actes malveillants.
Enfin, la généralisation des technologiques digitales accroît les risques de perturbations électromagnétiques entre circuits de puissance et réseaux digitaux à haute fréquence et ceux de cyberattaques affectant des composants clefs.
La physique...