Glossaire

Amdec : définition et principe

Méthode d’analyse rigoureuse et performante des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (ou FMECA pour Failures Modes, Effects and Criticality Analysis). Cet outil de sûreté de fonctionnement et de gestion de la qualité intègre une hiérarchisation des modes de défaillance en fonction de leur degré de criticité C, poussant donc plus loin la démarche de l’AMDE (Analyse des Modes de défaillance et de leurs effets). L’AMDEC permet ainsi de prévenir ou de réduire les risques liés à un produit, un projet ou à un processus de production dans une multitude de domaines et d’en mesurer les risques potentiels.

Au préalable au lancement d’une méthodologie AMDEC, il faut s’assurer de la connaissance parfaite du système et de son environnement et en posséder toutes les informations. La deuxième étape consiste à recenser puis analyser tous les modes de défaillance possibles, la présentation sur une grille d’analyse permet une vue synthétique. La troisième consiste à identifier en regard de chacune des failles des mesures permettant de réduire, voire d’annuler le risque de survenue. Le risque est un événement indésirable dont l’apparition n’est pas certaine, venant impacter, voire compromettre les objectifs attendus, qu’ils soient d’ordre technique (spécifications, performances, fiabilité), d’ordre financier (coût trop élevé) ou d’ordre contextuel (environnemental, social, culturel). La notion de criticité permet de classer tous ces risques les uns par rapport aux autres. Elle est déterminée par le produit (ses causes avec l’indice de fréquence d’apparition) x (ses effets avec l’indice de gravité) x (ses mesures mises en place pour détecter la défaillance avec l’indice de détection). Ces indices, généralement notés de 1 à 10, sont nécessairement définis par consensus par un groupe de travail dont les participants représentent des compétences diversifiées, mais un pouvoir décisionnel. Les mesures correctives ou préventives sont proposées et mises en œuvre, afin de réduire la gravité et/ou la fréquence des problèmes ayant été identifiés comme les plus critiques. En opérant par ordre de criticité décroissante, les actions d’amélioration à conduire sur un processus, un projet ou un système se voient ainsi hiérarchisées. Cette méthode d’analyse de risques pour se montrer efficace se doit d’être collective, exhaustive et systématique. Utilisée à l’origine dans la gestion de la qualité, elle est de plus en plus déroulée dans le cadre de projets d’innovation, et permet ainsi d’en évaluer la pertinence. L’AMDEC s’inscrit parfaitement dans la logique actuelle de la maîtrise des risques. Les plans d’actions correctives ou préventives visent notamment à éliminer ou à réduire les risques liés à la sécurité de l’utilisateur, à la non-qualité, à la perte de productivité, ou à l’insatisfaction des clients.

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Définition : AMDEC : définition et principe

Avant qu'une pièce casse, qu'une machine s'arrête ou qu'un produit défectueux parte chez le client, l'AMDEC cherche à imaginer ce qui pourrait mal tourner et à hiérarchiser ces risques. C'est l'une des méthodes de sûreté de fonctionnement les plus utilisées dans l'industrie.

Qu'est-ce que l'AMDEC et quelle est son origine ?

AMDEC signifie Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité. C'est une méthode d'analyse préventive, inductive et systématique : elle part des défaillances possibles de chaque composant ou de chaque étape et en déduit les conséquences sur le système, pour traiter en priorité les risques les plus critiques. Sans la cotation de criticité, la démarche prend le nom d'AMDE. Son équivalent anglais est la FMECA (Failure Modes, Effects and Criticality Analysis), plus souvent abrégée en FMEA.

La méthode est née dans l'armée américaine, qui l'a formalisée dans la procédure MIL-P-1629 en 1949. La NASA l'a reprise dans les années 1960 pour le programme Apollo, puis l'aéronautique, le nucléaire et, dans les années 1970, l'automobile l'ont adoptée. En France, elle a fait l'objet de la norme NF X60-510 en 1986, et elle est aujourd'hui décrite par la norme NF EN IEC 60812.

Les trois principaux types d'AMDEC

La méthode se décline selon l'objet étudié. Les déclinaisons les plus courantes suivent le cycle de vie d'un produit industriel, de sa conception à sa fabrication, puis aux équipements qui le produisent.

L'AMDEC Produit

L'AMDEC Produit, ou AMDEC conception (Design FMEA), analyse un produit au stade de sa conception. Elle examine comment chaque composant ou chaque fonction peut faillir, par exemple par rupture en fatigue, dérive d'une caractéristique ou incompatibilité de matériaux, et vérifie que la conception y répond. Elle intervient avant le gel des plans, quand une modification coûte encore peu. La fiche Réaliser une AMDEC Produit en détaille la conduite.

L'AMDEC Processus

L'AMDEC Processus (Process FMEA) analyse les étapes de fabrication, d'assemblage et de contrôle. Pour chaque opération, elle recherche ce qui peut produire une pièce non conforme : un mauvais réglage, un outil usé, une erreur de manipulation, une matière hors spécification. Elle s'appuie sur la gamme de fabrication et alimente le plan de surveillance. La fiche Réaliser une étude AMDEC Processus en décrit la mise en œuvre.

L'AMDEC Moyen ou Machine

L'AMDEC Moyen, ou AMDEC Machine, porte sur un équipement de production. Elle identifie les défaillances qui peuvent l'arrêter ou dégrader ses performances, afin d'améliorer sa fiabilité dès la conception, de bâtir un plan de maintenance préventive adapté et d'augmenter sa disponibilité. Sa méthode est présentée dans l'article AMDEC Moyen et dans la fiche Réaliser une étude AMDEC moyen de production.

D'autres déclinaisons existent, comme l'AMDEC Service ou l'AMDEC Logiciel, et la démarche s'applique aussi à la sécurité des installations, comme le montre l'AMDE(C) en analyse des risques.

Comment réaliser une analyse AMDEC étape par étape ?

L'AMDEC est un travail d'équipe. Le groupe réunit des compétences complémentaires, conception, méthodes, production, qualité, maintenance, achats, sous la conduite d'un animateur qui maîtrise la méthode. L'analyse se consigne dans un tableau dont chaque ligne associe une fonction, un mode de défaillance, ses causes, ses effets, les moyens de détection existants et les cotations. Les bases de la démarche sont exposées dans la fiche Comprendre l'AMDEC, et son animation dans la fiche Pratiquer l'AMDEC.

Initialisation et analyse fonctionnelle

L'étude commence par le cadrage : objectifs, périmètre du système analysé, niveau de détail, composition de l'équipe, grilles de cotation et seuil de criticité acceptable. Vient ensuite l'analyse fonctionnelle, qui décompose le système en sous-ensembles et recense les fonctions que chacun doit remplir, dans quelles conditions et avec quelles performances. Une défaillance se définit toujours par rapport à une fonction attendue.

Identification des modes de défaillance

Pour chaque fonction, l'équipe recherche les modes de défaillance, c'est-à-dire la manière dont la fonction peut ne pas être remplie : perte de la fonction, fonctionnement intempestif, fonction dégradée, refus de s'arrêter. Elle remonte ensuite aux causes possibles de chaque mode, souvent classées selon les 5 M, puis décrit leurs effets sur le système, sur l'utilisateur ou sur la sécurité. La chaîne cause, mode, effet constitue le cœur du tableau AMDEC.

Évaluation de la criticité et calcul de l'IPR

Chaque couple mode et cause est coté selon trois critères, le plus souvent sur une échelle de 1 à 10 :

Critère
Ce qu'il mesure
Note basse
Note haute
Gravité (G)
importance de l'effet sur le client, le système ou la sécurité
effet imperceptible
atteinte à la sécurité ou non-respect de la réglementation
Occurrence (O)
probabilité d'apparition de la cause
cause quasi impossible
cause très fréquente
Détection (D)
capacité des contrôles à repérer la défaillance avant qu'elle n'atteigne le client
détection quasi certaine
défaillance indétectable

L'indice de priorité du risque (IPR), aussi appelé criticité, est le produit des trois notes : IPR = G × O × D. Avec des échelles de 1 à 10, il varie de 1 à 1 000. Les modes dont l'IPR dépasse le seuil fixé par l'entreprise, ou dont la gravité est maximale quel que soit l'IPR, sont traités en priorité. Dans l'automobile, le manuel AIAG-VDA publié en 2019 remplace d'ailleurs l'IPR par une matrice de priorité d'action qui donne plus de poids à la gravité.

Définition et suivi des actions correctives

Pour chaque risque prioritaire, l'équipe définit des actions correctives, avec un responsable et une échéance. Elles visent à réduire la gravité, en modifiant la conception, l'occurrence, en supprimant la cause, ou la note de détection, en ajoutant un contrôle. Une fois les actions réalisées, les modes concernés sont recotés pour vérifier que la criticité est passée sous le seuil. L'AMDEC reste ensuite un document vivant, mis à jour à chaque modification du produit ou du procédé et à chaque retour d'expérience.

Pourquoi intégrer cette méthode dans vos projets industriels ?

L'AMDEC fait apparaître les problèmes au moment où ils coûtent le moins cher à corriger : en conception plutôt qu'en production, en production plutôt que chez le client. Elle améliore la fiabilité et la sécurité des produits et des équipements, réduit les coûts de non-qualité et les arrêts, et capitalise le savoir-faire de l'entreprise dans un document réutilisable. Elle est aussi exigée par de nombreux référentiels, comme l'IATF 16949 dans l'automobile. Ses limites tiennent au temps qu'elle demande et à sa dépendance à l'expérience du groupe : elle traite les défaillances une par une et prend mal en compte leurs combinaisons, pour lesquelles on lui associe d'autres outils comme l'arbre de défaillances.

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Questions fréquentes à propos de AMDEC : définition et principe

Quelle est la différence entre AMDEC et FMEA ?

Il s'agit de la même méthode, FMEA étant l'acronyme anglais de Failure Modes and Effects Analysis. Au sens strict, la FMEA correspond à l'AMDE, sans cotation de criticité, et la FMECA à l'AMDEC. Dans l'usage industriel, notamment automobile, le terme FMEA désigne toutefois couramment la démarche complète avec cotation.

Comment calculer l'Indice de Priorité du Risque (IPR) ?

On multiplie les notes de gravité, d'occurrence et de détection attribuées au couple mode et cause : IPR = G × O × D. Une défaillance cotée 8 en gravité, 3 en occurrence et 5 en détection obtient ainsi un IPR de 120. Le résultat est comparé au seuil d'acceptabilité défini au lancement de l'étude.

À quel moment du projet faut-il réaliser une AMDEC ?

Le plus tôt possible : l'AMDEC Produit dès la conception préliminaire, avant le gel des plans, l'AMDEC Processus pendant l'industrialisation, avant le lancement de la production, et l'AMDEC Moyen lors de la conception ou de l'achat d'un équipement.

Quels sont les 5 M utilisés pour rechercher les causes de défaillance ?

Les 5 M, issus du diagramme d'Ishikawa, sont la Matière, le Matériel (ou la Machine), la Méthode, la Main-d'œuvre et le Milieu. Ils servent de grille pour ne négliger aucune famille de causes. Certaines démarches y ajoutent la Mesure et le Management pour aboutir aux 7 M.

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