Bien qu'indiscret et consommateur d'énergie, le sonar actif est très utilisé dans le domaine militaire pour détecter les sous-marins. Les premiers exemples présentés sont des matériels (Asdic) de la Seconde Guerre mondiale et leurs successeurs. Suivent les plus modernes actifs remorqués basse fréquence et les réseaux de bouées larguées d'aéronef. La présentation de chaque élément constituant ces systèmes suit le cheminement de l'impulsion émise se réfléchissant sur un objet, l'écho étant ensuite reçu par une antenne dotée de traitements dont les sorties sont présentées à un opérateur. Cet ordre est aussi celui des termes de l’équation sonar permettant d'évaluer des portées comparées à celles éventuellement observées en mer.
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Denis PILLON : Ingénieur retraité - Conseiller de l’équipe Signaux & Système, IM2NP, Université du Sud Toulon Var, France
INTRODUCTION
Le 4 mai 1918, dans la rade de Toulon, le sous-marin Messidor
était détecté à une distance d’environ 500 m par un nouveau type d’appareil,
le sonar actif. Plus d’un siècle après cette première, les performances
ont régulièrement augmenté, le domaine s’est diversifié et actuellement
plusieurs millions de sonars actifs opèrent dans les eaux de la Terre,
les plus nombreux pour la pêche et la navigation. Cet article parcourt
les notions de base permettant de comprendre le fonctionnement de
ces matériels. Les lecteurs pourront ensuite approfondir le sujet
grâce à des ouvrages spécialisés. Sur le plan fonctionnel, cette présentation
s’arrête à l’étape primaire de détection dans des conditions simples
(bruit seul) : les algorithmes de pistage, de classification des échos
et la prise en compte de la réverbération ne sont pas abordés ici.
Sur le plan technologique, les divers facteurs limitatifs des performances
dus à la cavitation et la présence de revêtements anéchoïque sont
présentés dans l’article [RAD 6 715].
La première section (§
1
) de cet article compare la détection
sous-marine en actif et en passif. En premier lieu, sont traitées
les différences concernant les techniques de détection non acoustiques
actives et passives. Puis sont décrites les applications ; contrairement
à l’écoute passive à but très largement militaire, émettre des impulsions
sonores a de nombreuses utilisations dans le civil notamment pour
le sondage et les télécommunications, deux domaines que nous présenterons
succinctement. Bien sûr, les marines de guerre font aussi appel aux
sonars actifs dans le but de détecter des sous-marins ou toutes autres
menaces ; c’est d’ailleurs le sujet central de cet article. La portée
de détection...
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