Ca maîtrise des phénomènes d’oxydation et d’auto-inflammation des composés organiques est nécessaire au bon fonctionnement de
nombreux procédés énergétiques et chimiques. Ainsi, le fonctionnement
du moteur Diesel est basé sur l’auto-inflammation spontanée
du carburant lors de son injection dans de l’air comprimé et chaud.
Dans le cas du moteur à essence, une auto-inflammation du mélange
air/carburant en amont de la propagation du front de flamme initié
par l’allumage peut provoquer le phénomène de cliquetis.
L’oxydation directe des hydrocarbures en phase gazeuse
est une étape initiale couramment utilisée dans de nombreux procédés
chimiques industriels. Les phénomènes d’auto-inflammation dans
ce contexte peuvent conduire à des explosions dont les conséquences
sont parfois catastrophiques.
Dans tous les procédés de combustion, une bonne connaissance de
la chimie de l’oxydation des composés organiques peut permettre de
modéliser et, éventuellement, de minimiser la formation des polluants
gazeux, néfastes pour l’environnement ou toxiques pour l’humanité.
La compréhension et la maîtrise des phénomènes d’oxydation et
d’auto-inflammation requièrent dans de nombreux cas la détermination
d’un modèle cinétique détaillé, composé d’un ensemble de réactions
élémentaires appelé mécanisme réactionnel, ainsi que des constantes
de vitesse et des données thermodynamiques correspondantes.
Après avoir rappelé certaines bases de la cinétique chimique dans
cet article, on décrit les phénomènes exothermiques et chimiques
liés à l’oxydation des composés organiques et on détaille le contenu
des différents mécanismes chimiques qui permettent d’expliquer
l’apparition de ces phénomènes et d’écrire les modèles cinétiques
détaillés nécessaires à leur modélisation.