Selon le rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur
la biodiversité et les services écosystémiques) de 2019, les écosystèmes
planétaires font face à une crise sans précédent d’effondrement de
la biodiversité, causée par les activités humaines : destruction des
habitats terrestres et marins, exploitation directe, changement climatique,
pollution et propagation d’espèces envahissantes. Celle-ci a un impact
alarmant sur la santé des écosystèmes, menaçant les conditions de
vie sur Terre, celle des humains comprise. L’urbanisation croissante
est l’un des facteurs majeurs d’érosion de la biodiversité causant
la perte d’habitat des espèces par l’artificialisation des sols, la
fragmentation et la pollution. Pour renforcer ou restaurer les continuités
écologiques dans les villes, en particulier là où l’espace de pleine
terre est peu disponible, l’une des solutions est de végétaliser l’architecture.
Les bâtiments peuvent effectivement offrir des refuges pour la biodiversité
grâce à leurs enveloppes – façades et toitures – qui, selon Arnold
Darlington dans son ouvrage
Ecology of Walls
(1981), représentent
jusqu'à 50 % de la surface totale des villes.
Bien que la végétalisation des bâtiments existe depuis des millénaires
– elle semble concomitante avec l’apparition de l’architecture et
de l’art des jardins – on parle aujourd’hui de « murs végétalisés »
pour désigner plus spécifiquement les dispositifs de végétalisation
des murs. Il en existe deux grandes catégories dans la littérature
scientifique. La première désigne les façades végétalisées –
Green
Facades
– et regroupe toutes les solutions qui incluent des plantes
grimpantes, comme du lierre ou de la vigne. En pleine terre ou en
pot, les plantes poussent soit directement soit indirectement – à
l’aide de câbles ou de treillis – sur une façade. On parlera ainsi
de façades « végétalisées directes » ou « indirectes ». Celles-ci
sont généralement plus simples et plus abordables que les autres systèmes,
mais se limitent aux espèces grimpantes. La seconde catégorie, les
murs vivants –
Living Walls Systems
– désignent les autres
solutions, plus complexes, qui comprennent généralement des petites
plantes de la strate herbacée. Ces derniers sont séparés en deux solutions
techniques principales : les murs continus et les murs modulaires.
Dans la première, les plantes poussent dans une nappe continue, généralement
en textile, grâce à un système hydroponique de ferti-irrigation –
les nutriments sont amenés aux plantes par l’eau
via
le système
d’arrosage. Quant aux murs vivants modulaires, ils sont de formes
variées : panneaux perforés ou divisés en cellules, jardinières superposées,...