Le drame survenu à Seveso (Italie) le 10 juillet 1976 où un nuage
contenant de la dioxine s’est échappé d’un réacteur d’une usine chimique
a eu des conséquences importantes sur le plan environnemental et sanitaire
(brûlures chimiques de la peau, taux anormal de décès dus à des problèmes
cardiovasculaires...).
Ce problème qui a dépassé les autorités a incité les États européens
à se doter d’une politique commune en matière de prévention des risques
industriels majeurs : le 24 juin 1982, la directive européenne n° 82/501/CEE
dite « Seveso » est adoptée. Elle demande aux États et aux entreprises
d’identifier les risques associés à certaines activités industrielles
dangereuses et de prendre les mesures nécessaires pour y faire face.
La directive Seveso a été modifiée à diverses reprises et son
champ a été progressivement étendu, notamment à la suite des accidents
de Bâle (1986), Enschede (2000) et Toulouse (2001). C’est dans ce
cadre qu’elle fut remplacée par la directive européenne n° 96/82/CE,
du 9 décembre 1996, dite « Seveso 2 ».
Principalement pour harmoniser le contenu de la directive Seveso
avec le GHS (Globally Harmonized System) et le règlement européen
CLP (Classification, Labelling, Packaging) qui en découle, une nouvelle
version de la directive dite « Seveso 3 » a été adoptée en juillet
2012 (directive européenne n° 2012/18/UE) et est entrée en vigueur
le 1
er
juin 2015.
Au plan national, la directive Seveso a notamment été transposée
par le biais du code de l’environnement et de l’arrêté du 26 mai 2014
relatif à la prévention des accidents majeurs dans les installations
classées mentionnées à la section 9, chapitre V, titre I
er
du livre V du code de l’environnement. Ainsi les exploitants d’installations
classées doivent recenser les substances ou préparations dangereuses
susceptibles d’être présentes dans leur établissement et, selon leurs
quantités, doivent définir une politique de prévention des accidents
majeurs (PPAM), élaborer une étude de dangers (EDD), disposer d’un
système de gestion de la sécurité (SGS) et d’un plan d’opération interne
(POI).
Nota :
un glossaire des termes et expressions importants de l’article,
ainsi qu’un tableau des sigles, notations et symboles sont proposés
en fin d’article.