La qualité est l’objet d’une démarche socio-économique que l’on appelle souvent
qualitisme
, laquelle relève d’une science – au moins d’une technique – dite
qualitique
.
Aujourd’hui, le développement de la notion de qualité a pris une ampleur universelle, au point de s’afficher partout, dans les journaux, sur les murs et les écrans, dans les usines et dans les propos des uns – les économistes – comme dans ceux des autres – les politiques .
Les raisons de ce succès, quelquefois envahissant, sont nombreuses. Pour l’essentiel, elles se ramènent à celles-ci :
la qualité, dans son essor, a été portée par l’envol de l’industrie japonaise qui en a fait son maître mot, au moins dans les décennies 1970 et 1980 ;
dans le monde socio-économique d’aujourd’hui, la qualité implique la prééminence presque exclusive des destinataires de tous produits ou prestations. On parlera plus simplement du « client-roi », idée toujours bien reçue ;
la notion de qualité est une notion valorisante et dynamique ; ceux qui l’ont mise en application sur le terrain le savent bien : il est difficile de ne pas adhérer au souhait de « faire mieux » et de contenter sa clientèle ;
enfin, c’est peut-être l’élément clé, la qualité fait l’objet d’un consensus mondial traduit par l’existence des célèbres normes ISO série 9000 :
on dispose d’une définition universelle des vocabulaires employés en matière de qualité, d’où une facilité non moins universelle de dialogue dans le domaine ;
on dispose de règles universelles de gestion des organismes et des entreprises et, par conséquent, d’appréciation de l’observance de ces règles par ces mêmes organismes et entreprises.
Ces traits, qui sont essentiels et dessinent le visage actuel de la qualité, ne doivent pas être démesurément grossis. La qualité a ses limites. Personne ne souhaite forcément que l’avenir les lui rappelle, mais on n’oubliera pas :
que la situation socio-économique actuelle révèle un excès de l’offre sur la demande, d’où la force de cette dernière. (Il n’en fut pas toujours ainsi. Il n’y a pas de certitude que les pénuries ne reviennent jamais, dans lesquelles la notion de qualité a du mal à se mouvoir) ;
que son succès rend la qualité envahissante ; après avoir absorbé les coûts et les délais, la qualité intègre les nouvelles exigences de société (santé, environnement…) pour ne parler...