En droit national, la responsabilité environnementale des entreprises
comprend trois aspects. Deux aspects ont été pris en compte assez
tôt par le droit. Il s’agit des aspects pénal et administratif. Un
troisième aspect a été récemment reconnu, d’abord par la jurisprudence
puis par le législateur (loi n° 2016-1087 du 8 août 2016) : l’aspect
civil. La
responsabilité civile environnementale
doit se comprendre
comme l’obligation de répondre à un préjudice écologique, c’est-à-dire
de réparer une atteinte causée à l’environnement, atteinte prise en
tant que telle, indépendamment de ses répercussions sur les personnes
et/ou sur les biens. Les atteintes à l’environnement n’ont pas été
pour autant totalement niées jusqu’à cette reconnaissance. En effet,
la responsabilité civile a très tôt pris en compte les
préjudices
environnementaux
dérivés, c’est-à-dire les atteintes à l’environnement
en raison de leurs répercussions sur les personnes et/ou les biens,
ce qui recouvrent les préjudices patrimoniaux, extrapatrimoniaux,
corporels, en lien avec une pollution. Mais l’atteinte environnementale
ne constituait pas un préjudice en elle-même. En raison de sa consécration
nouvelle et des évolutions à venir, la responsabilité civile environnementale
sera la seule étudiée dans le présent article. Cette responsabilité
se rencontre en cas d’
accident écologique
, c’est-à-dire en
présence d’un évènement soudain et fortuit ayant des conséquences
écologiques.
Il conviendra d’abord de s’intéresser au droit national en étudiant
les règles de mise en œuvre de la responsabilité civile environnementale,
la recevabilité de l’action en réparation et les effets de cette responsabilité
(réparation prioritairement en nature et subsidiairement en argent).
Il sera nécessaire ensuite de confronter le droit national au droit
de l’Union européenne. Celui-ci ne prévoit pas de responsabilité civile
environnementale mais a instauré un système de réparation de certains
préjudices écologiques, relevant de la police administrative. Une
articulation est donc à opérer entre les deux systèmes de réparation
(responsabilité civile environnementale et police administrative)
qui se complètent. Une place sera également accordée au cas particulier
du manquement au
devoir de vigilance
. Un tel devoir pèse en
droit français sur certaines entreprises. La violation de ce devoir
peut causer, entre autres, un préjudice écologique (règles spécifiques).
Le droit national actuel et les perspectives européennes dans ce domaine
seront à étudier. Enfin, des exemples de conventions internationales
envisageant la réparation de préjudices écologiques seront présentés.
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