Après fabrication, les rails de longueur de 25 à 100-110 m, sont
expédiés par train ou bateau vers des ateliers de soudage électrique,
appartenant, en général, aux réseaux ferrés utilisateurs.
Les soudures ont depuis longtemps remplacé les éclissages : ces
derniers étaient constitués de deux ferrures laminées en sorte qu'elles
prennent appui des deux côtés du rail sur la surface de l'âme, la
surface inférieure du champignon et la surface supérieure du patin ;
l'ensemble était solidarisé par 4 boulons (deux par rail).L'inconvénient
majeur de ce dispositif était le matage des abouts de champignon,
créant un affaissement local, lui-même cause de surcharges dynamiques
au passage des roues ; cette surcharge pouvait entraîner la rupture
des rails à partir des trous de boulons dans l'âme et créer des dommages
aux roues.(sans compter l'inconfort sonore pour les passagers).
C'est ainsi que vers les années 1930 on a considéré la soudure
comme une alternative profitable. La soudure électrique a débuté en
1935 en courant alternatif et a repris plus vigoureusement après guerre.
Le soudage électrique permet de réaliser des longues barres soudées
(dites « LRS ») qui, transportées par véhicules spéciaux (train en
général), vont être déposées sur des voies, soit en construction neuve,
soit sur de longues portions en réparation. Leur intérêt n'a cessé
d'augmenter du fait de l'accroissement de la longueur des rails (12 m
en 1935 contre 108 à 110 m de nos jours). La productivité de soudeuses
électriques a ainsi considérablement augmenté ainsi que celle de la
pose en voie.
Néanmoins, dans certains cas particuliers, la soudure n'a pas
toujours remplacé l'éclissage, comme dans le cas de la fixation des
appareils de voie (aiguillages).
Les efforts sur les bords des trous de l'âme sont tels que les
initiations de fissure y sont fréquentes avec propagation conduisant
à la rupture de la zone éclissée du rail. Si les voies lourdes sont
restées éclissées, la SNCF a remplacé ses éclisses par des soudures
aluminothermiques.
Les LRS (Longs Rails Soudés) constituent des unités élémentaires
assez longues qui seront ultérieurement ressoudées entre elles
in situ
par soudure aluminothermique.
Le présent article décrit le principe du procédé électrique, sa
réalisation pratique et les quelques rares imperfections inhérentes
au processus de soudage.
La soudure électrique, initiée dès 1935, et sans cesse améliorée,
a l'atout majeur d'être forgée à haute température et haute pression
(donc avec recristallisation complète), ce qui lui confère une tenue
exceptionnelle en voie.
Son avenir est...