Le changement climatique qui fait peser de lourdes menaces sur nos modes de vie est l'axe de communication privilégié ces dernières années pour sensibiliser le public à la protection de l'environnement. De fait, les entreprises de plus de 250 employés doivent effectuer un bilan de leurs émissions de gaz à effets de serre, les consommations d'énergies fossiles sont surtaxées, l'utilisation d'énergies alternatives est aidée…
Depuis 2007, on en avait presque oublié que la maîtrise des ressources n'est pas qu'une affaire d'énergie(s) mais qu'elle comprend aussi la préservation des matières premières renouvelables et non renouvelables dont la (sur-)consommation se mesure également (et principalement) par la production de déchets.
L'extrait du préambule à la campagne de sensibilisation à la prévention des déchets lancée début 2009 par le ministère de l'Environnement et du Développement durable, retranscrit ci-dessous, permet de remettre les pendules à l'heure en présentant des chiffres qui font réfléchir. En France et sur une année :
14 millions de tonnes de déchets sont produites par les collectivités (voirie, boues, déchets verts) ;
31 millions de tonnes de déchets sont produites par les ménages (dont 20 Mt d’ordures ménagères résiduelles) ;
99 millions de tonnes de déchets sont produites par les entreprises (hors agriculture et sylviculture) ;
356 millions de tonnes de déchets sont produites par les entreprises du BTP, activités de mines et carrières.
La loi Grenelle 1 a tiré de ce constat des objectifs qui doivent accélérer la mutation du modèle de gestion des déchets hérité de la révolution industrielle :
réduction des ordures ménagères et assimilées de 7 %/habitant d'ici 2013 ;
diminution des flux enfouis et incinérés de 15 % dès 2012 ;
orientation de 75 % des déchets d'entreprises vers les filières de recyclage matière et organique dès 2012.
Il aura fallu attendre les années 70 pour que la question de l'élimination et de ses conséquences soit prise au sérieux par le législateur (loi n° 75-633 du 15 juillet 1975 relative à l'élimination des déchets et à la récupération des matériaux). Les industriels ont développé des techniques de traitement de plus en plus diversifiées et perfectionnées pour limiter les transferts de pollutions. Ce qui, bien sûr, a engendré une augmentation des coûts liés à la sécurisation de chaque étape de la prise en charge des déchets dont la complexité est encore mal (re)connue par les utilisateurs et les riverains....