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Trente recommandations pour la construction de demain

Publié en juillet 2020

Le caractère majeur des temps que nous traversons est certainement l’impossibilité de voir émerger et de tracer une trajectoire commune pour sortir de l’état d’incertitude généralisée qui règne uniformément dans toutes les couches de notre société à la suite de cette pandémie.

Néanmoins nous vivons tous ensemble un phénomène qui était devenu inaperçu. C’est celui de notre urbanisation. Le terme ne caractérise pas seulement le fait de vivre en collectivité mais bien celui d’exister collectivement dans un même lieu qui est la Ville. Or il semble en ce moment que certains remettent en cause non pas sa dimension ou son périmètre mais l’impératif même qui ferait qu’il n’est plus possible de prétendre vivre chacun isolément dans des lieux dispersés.

Cette sédentarisation qui historiquement est un phénomène de longue durée repose pourtant sur une logique simple qui est celle d’une mutualisation des efforts pour partager l’avantage et tirer le meilleur parti d’un territoire. Exprimé sous une autre forme la question qui surgit est celle du pourquoi vivre ensemble un même lieu. En un mot nous sommes tous interpellés par notre « urbanité ».
Il ne s’agit plus de savoir si l’Homme fait la Ville ou le contraire car cela confisquerait le débat au profit des seuls urbanistes et des politiques de par leurs capacités professionnelles. Mais le problème posé est celui de redéfinir les raisons mêmes de la Ville c’est-à-dire du vivre ensemble quotidiennement et ce du point de vue de
tout un chacun.

Cette démarche n’est pas vaine car une explication qui pourrait être progressivement acceptée est apparue. C’est celle d’envisager notre situation comme celle d’un « écosystème ». Son principe repose sur un invariant systémique énoncé par de nombreux scientifiques qui expliquent que faire « société » suppose de respecter un état d’équilibre entre un milieu et ses occupants. C’est ce que le bon sens naturaliste désigne comme « la condition d’un habitat » de toute espèce animale. Pouvoir préciser comment retrouver les raisons de cette exigence existentielle est donc bien un défi primordial et constitue une plateforme où chacun pourrait trouver matière à s’engager à la mesure de ses capacités propres.

La mise en œuvre d’un tel projet demande néanmoins de préciser les raisons qui en feraient une voie de dépassement collectif. Cela tient à un constat exprimé par tous ceux qui ont eu à engager et à mener à terme une dynamique de progrès : « une vraie organisation n’est jamais que la vision partagée par tous des objectifs
collectifs ».

Dans ces conditions le challenge actuel est bien celui de refonder cette relation d’une communauté à son territoire. Il passe par la reconnaissance de la nécessité de « reconstruire la Ville sur elle-même ». Ce défi est le seul en mesure de conjuguer les efforts de chacun dans sa sphère de compétence et au bénéfice de tous. Mais c’est aussi le moyen de s’épauler mutuellement. Chacune des corporations existantes est ainsi amenée à décliner ce principe organisationnel commun dans son champ d’expertise. Elle confortera donc l’aspect spécifique qui la concerne. Surtout ce sera le gage d’une meilleure économie des moyens à mobiliser et d’une cohérence des résultats.

Faire projet suppose de construire cette vision commune. Elle peut se définir autour de trois composantes qui articulent les dimensions urbaines (l’objet à construire), constructives (les modes de production) et organisationnelles (la structure de la Profession). Chacune d’entre elles sera précisée par une série de dix
recommandations.

Auteur : Le parcours professionnel de Chr. Gobin, conseiller scientifique de l’ESTP/IRC, a été entièrement consacré à l’industrialisation de la construction passant du secteur automobile à la recherche développement au sein d’un grand constructeur français. Toutes les actions de progrès menées (systèmes constructifs, organisation qualité et écoconception) l’ont été dans un contexte de forte inertie résultant d’une fragmentation des métiers et d’un corporatisme récurrent.

La pandémie en cours est l’occasion fortuite mais propice d’une prise de recul et de la reformulation d’un certain nombre d’enseignements qui pourraient servir dans un moment de reconstruction de pans
entiers de l’Economie. Les recommandations avancées s’adressent avant tout aux futurs décideurs qui aspirent à un changement de paradigme pour reconstituer un cadre de vie plus adapté aux risques à venir.

Cet exercice s’inscrit totalement dans le constat amer que formulait Einstein : « ce n’est pas en utilisant les outils qui ont suscité les problèmes actuels qu’il faut espérer les résoudre »…

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