Est appelé acier, un matériau contenant en masse plus de fer que tout autre élément, dont la teneur en carbone est généralement inférieure à 2 % et qui contient d’autres éléments métalliques ou non.
L’acier est élaboré de deux manières différentes :
- dans un haut fourneau à 1 200 °C, production de fonte à partir du minerai de fer naturel trouvé dans le sol en présence du coke utilisé comme réducteur ; un convertisseur à oxygène permet la conversion de la fonte en acier ; cet acier dit sauvage est affiné et sa composition chimique ajustée par décarburation et addition d’éléments chimiques (mise à nuance) ;
- dans un four électrique puissant avec production d’acier liquide à partir de ferrailles récupérées et fondues, cette technique est plus économique.
Après mise en nuance, l’acier liquide est solidifié par moulage en coulée en lingots, ou en coulée continue. Ce dernier procédé, le plus usité actuellement, permet l’obtention directe des demi-produits (brames, blooms, billettes), ébauches des formes finales attendues, sans nécessité d’un passage au laminoir dégrossisseur.
Ensuite, d’autres étapes de laminage à chaud, puis à froid, transforment les demi-produits en produits finis. L’acier est alors exploitable et disponible à la géométrie souhaitée et sous une épaisseur très fine.
L’acier peut être classé selon sa composition chimique, ses éléments d’alliages et ses traitements :
- acier non allié pour lequel les teneurs en éléments d'alliage, à l'exception du carbone, sont inférieures à 1,65 % pour le manganèse, à 0,50 % pour le silicium, et à des valeurs plus faibles, toutes inférieures à 0, 40 % pour les autres éléments (norme NF EN 10020) ;
- acier inoxydable contenant au minimum 10,5 % de chrome et au maximum 1,2 % de carbone (résistance à la corrosion) ;
- acier galvanisé sur lequel un bain chaud de zinc a été appliqué (protection contre la corrosion) ;
- acier rapide chargé en éléments comme le tungstène ou le molybdène qui favorisent la création de carbures très durs (pour outils à coupe à grande vitesse) ;
- acier allié (autre qu’acier inoxydable) pour lequel sa teneur en éléments d'alliage est supérieure aux limites fixées pour les aciers non alliés (norme NF EN 10020)
Une classification selon les principales classes de qualité définies par les principales caractéristiques d’applications peut également être retenue :
- aciers de qualité alliés avec des exigences de propriétés spécifiées de ténacité, de grosseur de grain et/ou de formabilité ;
- aciers spéciaux non alliés présentant une plus grande pureté vis-à-vis des inclusions non métalliques et répondant à des exigences sévères (élasticité ou trempabilité élevées, aptitude au formage à froid, à la soudabilité).
Réputé pour ses propriétés élastiques, ductiles et résistantes à la rupture, l’acier est grandement utilisé comme matériau de construction, assez coûteux mais performant et de mise en œuvre aisée. Nuance, qualité, facteurs d’influence mécanique (écrouissage, traitements thermiques…), sont alors autant de critères de choix décisifs. La résistance élevée de l’acier de construction rend possible les ossatures élancées et aérées, pour un encombrement faible et des charges réduites.
Contenus associés
Articles de références et fiches pratiques à propos de : Acier : définition et propriétés
Les traitements mécaniques ou thermiques superficiels, les traitements thermochimiques, les revêtements minces obtenus par voie sèche ou par voie liquide…
Les principaux procédés de la métallurgie secondaire sont conçus pour répondre à un grand nombre d’objectifs, notamment l’élimination des gaz occlus (hydr…
La normalisation constitue un élément fondamental pour les échanges européens et internationaux, dans le cadre de la libre circulation des produits, et le…
La technique de recuit en continu est apparue en 1936 (ARMCO aux États-Unis ) pour la production de tôles laminées à froid galvanisées en continu par le p…
Les toitures en acier sont très répandues dans la construction des édifices de tous types. Fabriqués en acier galvanisé souvent prélaqués ou en acier inox…
Cet article présente, sous forme de tableaux récapitulatifs, les principales nuances normalisées des deux grandes familles de matériaux utilisables en con…
Les pathologies des ouvrages en béton armé sont de plusieurs ordres. Les erreurs de dessins portent essentiellement sur le ferraillage de l’ouvrage, les c…
Les différentes familles des aciers moulés présentent de grande diversité, à commencer par leurs teneurs en carbone, en nickel, en chrome ou en molybdène.…
L’élaboration de l’acier moulé est une succession d’opérations métallurgiques élémentaires. La combinaison et l’enchaînement de ces différents processus d…
La norme NF A 02‐005 a été abrogée et remplacée par la norme NF EN 10027 nov. 1992 « Systèmes de désignation des aciers » qui définit deux systèmes europé…
Le traitement thermique des aciers à outils a subi une assez forte évolution dans la dernière décennie, et cela dans deux directions : sur le plan théoriq…
Le choix des aciers et de traitements thermiques adaptés pour la réalisation des moules pour l'injection des thermoplastiques est prépondérant pour la lon…
Actualités associées
Articles d'actualité à propos de : Acier : définition et propriétés
La composition exacte d'un acier va avoir une influence fondamentale sur ses propriétés et sur l'usage qui en sera fait industriellement. Voyons quelques…
Des aciers modernes à forte résistance, combinés à la technologie des véhicules électriques, permettent de réduire le poids, les émissions de CO2 et d’amé…
Encore productrice d’acier, la France le restera-t-elle à l’avenir ? Les scénarios de décarbonation de l’Ademe montrent que c’est possible, en particulier…
Construite en charpente métallique, la future agence de Soprema Entreprises qui sera à énergie positive, mettra en œuvre une technique innovante : le trai…
Alors qu'Ursula von der Leyen souhaite créer un marché pilote dans le domaine de l'acier bas carbone, l'industrie sidérurgique européenne propose d'instau…
Dix ans après la dernière grande crise sidérurgique, les mêmes déséquilibres réapparaissent. Selon l'OCDE, les capacités de production continuent de croît…
Un entrepreneur de Detroit a surpris des universitaires américains en inventant un nouveau procédé de fabrication et de traitement de l'acier, le rendant…
Selon France Stratégie, le recyclage des ferrailles dans le monde ne pourra pas dépasser 50 % des besoins en acier en 2050. L'organisme recommande à l'Eur…
De par leur structure robuste, les connecteurs KIPP, faciles à monter, sont la solution idéale pour de nombreuses applications d’assemblage et de fixation…
Fondés sur des études prospectives inédites, les plans de transition sectoriels de l’Ademe éclairent les choix technologiques et économiques pour décarbon…
Offres associées
Offre concernant : Acier : définition et propriétés
Les superstructures sont les organes du bâtiment situés au-dessus du sol. Poteaux, voiles, poutres, planchers, etc. doivent être conçus en respectant les…
Obtenir
Mais aussi
Définition : Acier : définition et propriétés
Ce que la norme appelle un acier, et pourquoi la limite est à 2 %
La norme EN 10020 définit l'acier comme un matériau contenant en masse plus de fer que tout autre élément, dont la teneur en carbone est généralement inférieure à 2 % et qui contient d'autres éléments. Au-delà de ce seuil, on parle de fonte. La frontière n'a rien d'administratif, elle correspond à la solubilité maximale du carbone dans le fer gamma, environ 2,1 % à 1 147 °C. En dessous, l'alliage peut être entièrement mis en solution puis transformé par traitement thermique. Au-dessus, du carbone reste sous forme de carbures ou de graphite, et le métal perd sa capacité à se déformer à chaud.
Cette nuance de composition change tout à l'usage. Un acier se forge, se lamine, s'étire, se soude et se trempe. Une fonte se coule, un point c'est tout. Ce partage est simple et il commande à lui seul le choix d'un procédé de fabrication. Le carbone joue le rôle principal dans cette affaire, et sa proportion suffit à classer les nuances. En dessous de 0,25 %, l'acier est doux, très ductile et parfaitement soudable, c'est celui qui est utilisé pour les tubes, les barres de construction et la tôle d'emboutissage, laminée puis mise en forme rapidement sur presse. Entre 0,25 et 0,60 %, il devient un acier mi-dur qu'on emploie pour les pièces mécaniques traitées. Au-delà, l'acier dur est employé afin de fabriquer des outils, des ressorts et des roulements, et il devient délicat à souder.
Définition normative
EN 10020
Teneur en carbone
moins de 2 % en masse
Masse volumique
7 850 kg/m³
Module d'Young
210 GPa
Température de fusion
1 450 à 1 520 °C selon la nuance
Limite d'élasticité d'un S235
235 MPa
Limite d'élasticité d'un acier à outils trempé
jusqu'à 2 000 MPa
Teneur en chrome d'un acier inoxydable
au moins 10,5 %
Nuance inoxydable la plus répandue
X5CrNi18-10, dite 304
Part de la filière électrique en Europe
environ 45 % de la production
Taux de recyclage en fin de vie
plus de 85 % dans la construction
Deux filières d'élaboration, deux économies différentes
L'acier ne s'obtient pas d'une seule manière, et le choix de la voie de production pèse davantage sur le prix et sur l'empreinte carbone que la nuance elle-même.
La filière fonte part du minerai de fer. Le haut fourneau réduit le minerai par le coke et donne une fonte liquide à plus de 4 % de carbone, que le convertisseur à oxygène décarbure ensuite par soufflage. Cette voie fournit les nuances les plus propres, avec un contrôle fin des résiduels, et reste incontournable pour les tôles minces d'emboutissage.
La filière électrique repart de la ferraille. Le four à arc refond des produits de collecte, avec une consommation d'énergie et des émissions bien inférieures, mais elle hérite des éléments résiduels du gisement, cuivre et étain en tête, que rien ne permet d'éliminer. Elle domine sur les barres à béton et les profilés, et son coût la rend difficile à écarter sur un projet de bâtiment courant.
Vient enfin la mise en forme, à chaud puis à froid, entrecoupée de recuits qui restaurent la ductilité perdue par écrouissage. Le recuit continu sur ligne, traité dans recuit continu, a remplacé le recuit en base sur la plupart des tôles minces, parce qu'il donne des propriétés homogènes bobine après bobine et se prête au revêtement en ligne.
Les grands types d'acier et la manière de les désigner
Quelles familles retenir pour s'y retrouver ? La classification normative en distingue trois, et ce découpage suffit à couvrir la quasi-totalité des différents emplois industriels. C'est la lecture des types d'acier la plus utilisée en bureau d'études.
Les aciers non alliés, où aucun élément d'addition ne dépasse un seuil fixé par la norme. Ce sont les aciers de construction et les aciers au carbone pour traitement thermique, produits en grande série plutôt que sur mesure.
Les aciers faiblement alliés, avec moins de 5 % d'éléments d'addition. Le chrome, le molybdène, le nickel et le vanadium y améliorent la trempabilité, la tenue à chaud ou la ténacité. Un acier allié de cette famille se reconnaît à sa désignation chiffrée du type 42CrMo4.
Les aciers fortement alliés, au-delà de 5 %, dont l'acier inox est le représentant le plus connu. Ce n'est pas le seul, les aciers rapides pour outils de coupe et les aciers réfractaires en font aussi partie.
L'acier inoxydable mérite qu'on s'y arrête, parce que son nom entretient une illusion. Le chrome, à partir de 10,5 %, forme en surface une couche d'oxyde passivante de quelques nanomètres qui bloque l'oxydation, exactement comme l'alumine sur l'aluminium. Retirez l'oxygène, par exemple sous un dépôt encrassé ou dans une crevasse, et la couche ne se régénère plus. L'inox se corrode alors très vite et de façon localisée. Les nuances austénitiques 304 et 316 ajoutent du nickel pour stabiliser la structure et, pour la seconde, du molybdène contre les chlorures.
Les règles de désignation sont normalisées et permettent de lire la composition dans le nom de la nuance, ce que détaille désignation normalisée des aciers. Pour la construction métallique, où la désignation part de la limite d'élasticité garantie plutôt que de l'analyse, le repère est aciers de construction métallique, normalisation et désignations. Un S355 annonce ainsi 355 MPa, sans rien dire de sa composition.
Traitements, revêtements et emplois
Aucune autre famille de matériaux n'offre une telle amplitude de propriétés à composition presque constante. Un acier à 0,45 % de carbone passe de 600 à 1 800 MPa selon qu'il sort laminé ou trempé puis revenu, sans qu'un seul élément d'addition ait changé. Le traitement thermique agit sur la structure, pas sur l'analyse, et c'est ce qui rend la matière aussi résistante et aussi versatile. Les gammes appliquées aux outillages sont exposées dans traitements thermiques dans la masse des aciers à outils, et leur complément de surface dans traitements superficiels des aciers à outils.
Le revêtement répond à un autre besoin, la protection contre la corrosion des nuances qui n'ont pas de chrome. L'acier galvanisé porte une couche de zinc qui le protège doublement, par effet barrière et par protection cathodique, le zinc se sacrifiant à la place du fer aux endroits où la couche est entaillée. La durée de vie est fonction de l'épaisseur déposée et de l'agressivité de l'atmosphère, et se prévoit à l'aide des classes de corrosivité de la norme ISO 9223.
Questions fréquentes à propos de Acier : définition et propriétés
Qu'est-ce que l'acier ?
C'est un alliage dont le fer est l'élément majoritaire et dont la teneur en carbone reste sous 2 % en masse, selon la norme EN 10020. Cette limite le distingue de la fonte. L'ajout d'éléments comme le chrome, le nickel ou le molybdène, puis les traitements thermiques, permettent de couvrir une gamme de propriétés qu'aucune autre famille de matériaux n'atteint.
Quelle est la différence entre acier et fer ?
Le fer est un élément chimique, l'acier un alliage de cet élément avec du carbone. Le fer pur, très mou et peu employé industriellement, plafonne autour de 80 MPa. Il faut seulement quelques dixièmes de pour cent de carbone pour multiplier sa résistance par cinq ou dix, ce qui explique qu'on ne rencontre pratiquement jamais de fer non allié dans une construction.
Quels sont les différents types d'acier ?
La norme distingue les aciers non alliés, les aciers faiblement alliés sous 5 % d'éléments d'addition et les aciers fortement alliés au-delà. Une seconde lecture, par usage, sépare les aciers de construction, les aciers pour traitement thermique, les aciers à outils, les inoxydables et les aciers réfractaires. Les deux classements se recoupent sans se confondre.
Pourquoi l'acier inoxydable rouille-t-il parfois ?
Sa protection vient d'une couche d'oxyde de chrome qui ne se reforme qu'en présence d'oxygène. Dans une crevasse, sous un joint mal drainé ou sous un dépôt, cet oxygène manque et la passivation s'interrompt localement. En présence de chlorures, l'attaque devient rapide et se concentre en piqûres. Les nuances au molybdène, comme la 316, repoussent ce seuil sans l'annuler.
Comment l'acier est-il obtenu à partir du minerai de fer ?
Le haut fourneau réduit le minerai par le coke et produit une fonte à plus de 4 % de carbone. Un convertisseur souffle ensuite de l'oxygène dans ce bain pour brûler l'excédent de carbone et ramener la teneur sous 2 %. La métallurgie secondaire ajuste enfin l'analyse avant coulée continue. La filière électrique, elle, refond directement de la ferraille.
Que signifie la désignation S235 ?
La lettre S désigne un acier de construction et le nombre donne la limite d'élasticité minimale garantie en mégapascals, soit 235 MPa. Cette logique diffère de celle des aciers pour traitement thermique, où la désignation décrit la composition, comme dans 42CrMo4 qui indique 0,42 % de carbone avec du chrome et du molybdène.