Glossaire

Ébullition : définition et principe

L'ébullition : définition

Phénomène accompagnant le changement d’état d'un corps, de l'état liquide à l'état gazeux. L'ébullition conduit à la formation de bulles de vapeur qui montent à la surface du liquide. Ce changement d’état se réalise à une température spécifique nommée température d’ébullition ou point d’ébullition. D’un point de vue physique, ce phénomène prend naissance lorsque la pression de vapeur saturante est égale ou supérieure à la pression du liquide. Ce terme caractérise également l’état d’un liquide qui bout.

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Définition : ébullition : définition et principe

Ce que mesure l'ébullition : les valeurs de référence de l'eau

Un liquide bout quand sa pression de vapeur saturante rattrape la pression qui règne au-dessus de lui. Ce n'est donc pas une température qui déclenche l'ébullition, c'est un équilibre de pressions. La température de 100 °C que tout le monde retient n'a de sens que sous 101 325 Pa, au niveau de la mer. Changez la pression, la température de changement d'état suit immédiatement.

Température d'ébullition de l'eau (101 325 Pa)
100 °C
Chaleur latente de vaporisation à 100 °C
2 257 kJ/kg
Chaleur latente de vaporisation à 0 °C
2 501 kJ/kg
Point critique de l'eau
373,946 °C sous 22,064 MPa
Ébullition vers 2 000 m d'altitude (≈ 800 hPa)
environ 93 °C
Autocuiseur domestique (≈ 1,8 bar absolu)
environ 117 °C
Flux thermique critique, eau saturée sous 1 bar
de l'ordre de 1 MW/m²
Grandeur qui commande le phénomène
Pression de vapeur saturante du liquide

La chaleur latente est le chiffre à retenir côté procédé. Porter un kilogramme d'eau de 20 à 100 °C demande environ 335 kJ. Le vaporiser ensuite en demande près de sept fois plus. Tout le dimensionnement énergétique d'un évaporateur ou d'une chaudière se joue là.

Ébullition, évaporation, vaporisation : trois mots pour deux phénomènes

La confusion est fréquente, et elle a des conséquences pratiques. La vaporisation est le terme générique : le passage de l'état liquide à l'état vapeur, quel qu'en soit le mécanisme. L'évaporation se produit uniquement à la surface libre du liquide, à n'importe quelle température, et elle est pilotée par la différence entre la pression partielle de vapeur dans l'air et la pression de vapeur saturante. Une flaque sèche à 15 °C sans jamais bouillir.

L'ébullition, elle, est un phénomène de volume. Des bulles germent sur les parois chaudes ou sur des impuretés, croissent, se détachent et traversent le liquide. Il faut pour cela une surchauffe locale, quelques degrés au-dessus de la température de saturation, et des sites de nucléation. Un liquide parfaitement dégazé dans un récipient parfaitement lisse peut d'ailleurs dépasser 100 °C sans bouillir : c'est la surchauffe métastable, bien connue de ceux qui ont vu de l'eau exploser hors d'un four à micro-ondes.

Les quatre régimes d'ébullition, et celui qui détruit le matériel

En 1934, Shiro Nukiyama chauffe un fil de platine immergé dans de l'eau et relève le flux thermique évacué en fonction de la surchauffe de la paroi. La courbe qui porte son nom structure encore tous les calculs de transfert avec changement de phase. Elle comporte quatre domaines.

  • Convection naturelle : la paroi est à peine surchauffée, aucune bulle ne se forme, la chaleur part par convection classique.
  • Ébullition nucléée : les bulles apparaissent sur les sites de nucléation, brassent violemment le liquide et évacuent des flux énormes pour un écart de température modeste. C'est le régime que l'on cherche à tenir dans un générateur de vapeur.
  • Ébullition de transition : les bulles deviennent si nombreuses qu'elles se rejoignent en poches de vapeur instables. Le flux évacué chute alors que la surchauffe augmente, une zone que l'on traverse sans y séjourner.
  • Ébullition en film : un film de vapeur continu isole la paroi du liquide. La vapeur conduit mal la chaleur, la température de paroi s'envole.

Le passage du deuxième au quatrième régime est le point dur. Au sommet de la courbe se trouve le flux thermique critique, de l'ordre de 1 MW/m² pour de l'eau saturée sous 1 bar. Le dépasser, sur un chauffage à puissance imposée, fait basculer la paroi en régime de film : c'est la caléfaction, ou crise d'ébullition. La température du métal peut alors grimper de plusieurs centaines de degrés en quelques secondes et percer le tube. Les marges au flux critique sont pour cette raison un critère de sûreté central dans le nucléaire, et un critère de garantie dans les chaudières industrielles. Les transferts en changement de phase se traitent d'ailleurs différemment selon que l'ébullition se produit en vase ou dans un écoulement forcé.

La pression commande, la température suit

Faire varier la pression, c'est déplacer le point d'ébullition à volonté. Les procédés en tirent parti dans les deux sens.

Sous vide partiel, un liquide bout à basse température. C'est le principe des évaporateurs de l'industrie sucrière et laitière : concentrer un jus à 60 ou 70 °C préserve les arômes et les molécules thermosensibles, alors qu'un traitement à 100 °C les dégraderait. La contrepartie est un volume de vapeur beaucoup plus grand à extraire, donc des corps d'évaporateurs volumineux et des éjecteurs ou des pompes à vide à entretenir. L'agencement des évaporateurs à multiples effets consiste précisément à réutiliser la vapeur d'un effet pour chauffer le suivant, à pression décroissante.

Sous pression, c'est l'inverse. L'autoclave de stérilisation monte à 121 °C parce que la vapeur y est maintenue autour de 2 bar absolus, et ce sont ces 21 degrés supplémentaires qui détruisent les spores. Une centrale thermique va bien plus loin : porter l'eau à haute pression permet de vaporiser à 300 °C ou davantage, et c'est cette température élevée à l'entrée de la turbine qui fait le rendement du cycle. Au-delà du point critique, à 373,946 °C et 22,064 MPa, la distinction entre liquide et vapeur disparaît, la chaleur latente s'annule, et l'on parle de cycle supercritique.

À l'autre extrémité de l'échelle, l'azote bout à -196 °C et l'hélium à -269 °C sous pression atmosphérique. Le transfert de chaleur à basse température repose sur ces ébullitions cryogéniques, avec des flux critiques bien plus faibles qu'avec de l'eau.

Où l'ébullition travaille dans l'industrie

Partout où il faut déplacer beaucoup de chaleur avec un faible écart de température. Les générateurs de vapeur et les chaudières produisent l'énergie motrice et le chauffage des procédés. Les évaporateurs concentrent jus, laits et solutions salines. Les distillations séparent des mélanges en jouant sur les écarts de volatilité. Les groupes frigorifiques et les pompes à chaleur font bouillir un fluide frigorigène à basse pression dans l'évaporateur pour capter la chaleur de la source froide. Les caloducs et les plaques à changement de phase refroidissent les électroniques de puissance sans pièce mobile. Dans les milieux poreux, où le liquide et la vapeur coexistent dans un réseau de pores, les transferts de chaleur avec changement de phase obéissent à des lois encore différentes, avec des applications du séchage industriel au stockage géologique.

Un dernier point mérite l'attention des exploitants : l'entartrage. Une surface d'échange couverte de dépôts calcaires perd des sites de nucléation utiles, s'isole thermiquement et se rapproche du flux critique à puissance constante. Un tube propre bout mieux qu'un tube encrassé, ce qui n'est pas seulement une question de rendement.

Questions fréquentes à propos de ébullition : définition et principe

À quelle température l'eau bout-elle exactement ?

À 100 °C sous la pression atmosphérique normale de 101 325 Pa. Cette valeur n'a rien d'universel : vers 2 000 m d'altitude l'eau bout autour de 93 °C, dans un autocuiseur autour de 117 °C, et dans le circuit primaire d'un réacteur sous 155 bar elle reste liquide au-delà de 300 °C.

Quelle est la différence entre ébullition et évaporation ?

L'évaporation se produit à la seule surface du liquide, à toute température, dès que l'air n'est pas saturé en vapeur. L'ébullition se produit dans toute la masse, par formation de bulles, et exige que la pression de vapeur saturante égale la pression ambiante. Le linge sèche par évaporation, la casserole bout par ébullition.

Pourquoi la température ne monte-t-elle plus pendant l'ébullition ?

Parce que l'énergie apportée sert à rompre les liaisons entre molécules pour les faire passer en phase vapeur, pas à agiter davantage le liquide. C'est la chaleur latente de vaporisation, 2 257 kJ/kg pour l'eau à 100 °C. Tant que les deux phases coexistent à pression constante, la température reste bloquée à la valeur de saturation.

Qu'est-ce que la crise d'ébullition ?

C'est le passage brutal de l'ébullition nucléée à l'ébullition en film, quand le flux thermique dépasse le flux critique, de l'ordre de 1 MW/m² pour l'eau sous 1 bar. Un film de vapeur isolant recouvre la paroi, le coefficient d'échange s'effondre et la température du métal grimpe très vite. C'est un mode de défaillance classique des surfaces chauffantes, et l'une des raisons pour lesquelles on dimensionne toujours avec une marge au flux critique.

Peut-on chauffer de l'eau au-delà de 100 °C sans qu'elle bouille ?

Oui, dans deux cas. Sous pression, la température de saturation est simplement plus haute. Et à pression atmosphérique, une eau dégazée dans un récipient très lisse peut rester liquide quelques degrés au-dessus de 100 °C, faute de site de nucléation : cet état métastable se rompt d'un coup, avec un dégagement de vapeur violent.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Transferts en changement de phase : ébullition convective · Transferts de chaleur dans les milieux poreux · Évaporation : agencement des évaporateurs et applications · Transfert de chaleur à basse température

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