En plein essor aux États-Unis et en Chine, les taxis autonomes tardent à prendre la route menant vers l’Europe. Une première étape vient, néanmoins, d’être franchie à Londres avec l’arrivée du taxi autonome chinois qui sera bientôt suivi par celui lancé par la start-up britannique Wayve. Pour les acteurs de la filière, c’est une porte d’entrée vers le continent européen où la conduite autonome est soumise à une réglementation très stricte.
Se déplacer à bord d’un taxi autonome est devenu le quotidien des habitants de certaines villes aux États-Unis et en Chine. Waymo, filiale d’Alphabet, maison mère de Google, est le principal acteur outre-Atlantique, tandis qu’en Chine, c’est Baidu avec son service Apollo Go qui domine le marché. Avec 250 000 trajets hebdomadaires à leur actif, tous deux lorgnent désormais les terres européennes.
Premières incursions en Europe
Le premier essai en Europe a déjà démarré à Zagreb, la capitale croate, porté par l’entreprise chinoise Pony.ai, associée à Uber, et la start-up croate Verne.
Cependant, la conquête du Vieux continent va réellement débuter avec le futur déploiement des premiers robotaxis à Londres. Alors que les voitures autonomes de Baidu développées en partenariat avec les plates-formes de mobilité Lyft et Freenow y ont débuté leur première phase d’essai cet été, une prochaine initiative est prévue dès le mois de septembre. D’origine locale, celle-ci est coordonnée par la start-up britannique Wayve qui fournit la technologie de conduite autonome en partenariat avec Uber, qui mettra à disposition sa plate-forme de réservation. Les Britanniques s’affranchissent ainsi des entreprises déjà établies dans le secteur et se distinguent par l’utilisation d’une technologie moins coûteuse que celle mise en place par l’américain Waymo. En effet, Wayve utilise un système s’appuyant sur une vision par caméras couplée à des radars classiques tandis que Waymo équipe ses voitures de capteurs Lidar émettant des rayons laser qui balaient l’espace en 3D.
Le choix de la ville londonienne repose sur un constat pragmatique : la réglementation régissant la conduite autonome y est plus souple par rapport à l’UE grâce aux outils législatifs mis en place par le gouvernement. Parmi eux, figure la loi sur les véhicules automatisés (Automated Vehicles Act), adoptée en 2024 et qui permet de faire porter la responsabilité juridique non pas sur le conducteur mais sur le constructeur ou l’opérateur du logiciel. En outre, le permis « APS » (Automated Passenger Services) crée un régime d’autorisation spécifique pour les exploitants de taxis autonomes.
Une France qui reste à l’écart
En juin dernier, Google a enregistré une filiale de Waymo en France, un premier pas effectué dans un pays où seule la conduite autonome de niveau 3 exigeant encore la présence d’un conducteur est autorisée bien que rarement mise en pratique. Le niveau 4, sans intervention humaine, est limité à la conduite dans une zone géographique définie pour des navettes aux itinéraires précis. Le passage à une autonomie totale du véhicule rencontre de nombreux obstacles qu’ils soient d’ordres juridiques (responsabilité du conducteur), sécuritaires ou éthiques ; sans compter les protestations émanant de secteurs professionnels entiers (taxis et VTC).
L’appartenance à l’UE complique la tâche : les voitures autonomes doivent être homologuées selon des critères stricts de sécurité avant leur mise sur le marché. Le cadre légal semble, cependant, évoluer. En effet, le 8 juin dernier, une vingtaine de pays dont la France a signé une déclaration commune pour une coordination des tests de véhicules autonomes visant à faciliter les démarches pour les industriels en Europe.
La même dynamique s’observe à l’échelle internationale. L’ONU a adopté, en juin dernier, une réglementation commune permettant une harmonisation des réglementations liées à la conduite autonome. Un cadre commun destiné à faciliter les procédures pour les constructeurs souvent confrontés à une multitude de réglementations nationales.
Dépassé les freins juridiques, un défi majeur attend l’UE du côté de l’innovation technologique : être capable de développer un écosystème permettant de s’émanciper des taxirobots contrôlés par Google et Amazon.






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