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Étain : définition et propriétés

étain : définition

Métal malléable et ductile, gris argenté, rare et cher, connu depuis l’Antiquité, l’étain pur a servi principalement à la fabrication d’objets et de pièces de vaisselle. Les usages de l’étain s’appuient sur sa grande fusibilité, sa faible dureté, sa résistance à la corrosion, sa mouillabilité et sa facilité de former des alliages.
Les alliages cuivre-étain qui constituent les bronzes, les alliages plomb-étain, utilisés comme brasures (soudures), et les alliages acier-étain sont parmi les plus importants alliages de l'étain (à des concentrations très variables) [M520] et totalisent à eux seuls près des trois quarts de la consommation mondiale de l’étain. Les derniers, appelés fer-blanc et utilisés essentiellement dans la fabrication de boîtes de conserve alimentaires et de boissons, sont placés en très bonne place. En effet, leur résistance très élevée vis-à-vis de toute réaction avec des acides organiques tels que les acides lactique, malique, citrique, tartrique et acétique, et sa non-toxicité en font un matériau de choix dans le secteur alimentaire. Dans cette application, on utilise à la fois la protection cathodique qu’assure l’étain à l’acier dans la boîte, et du milieu réducteur créé par les ions stanneux, favorable à la conservation des vitamines et au maintien de certaines couleurs des aliments. Ces dernières années, cependant, il subit pour ces applications une forte concurrence avec l’aluminium. Le fer-blanc reste malgré tout bien présent dans l’industrie automobile (joints de culasse, filtres à huile, radiateurs, réservoirs), en construction mécanique (paliers, pièces frittées, pompes) et dans l’industrie électronique (circuits imprimés, connexions, écrans).
L’étain est la plupart du temps concentré dans la nature dans des gisements d’intrusions granitiques, soit dans des veines et filons, soit dans des dépôts éluvionnaires et alluvionnaires provenant de l’altération de la roche stannifère originelle, essentiellement sous la forme de cassitérite. Cependant, d’autres minerais peuvent renfermer de la cassitérite à l’état de traces suffisamment importantes pour permettre sa récupération sous forme de concentrés.
Après enrichissement des préconcentrés, on opère une réduction par pyrométallurgie en présence de carbone dans des fours réverbères ou électriques. L'étain brut coulé en brames contient des impuretés ; le raffinage est effectué soit par chauffage à 300 °C dans des creusets en fonte, soit par liquation, l’étain placé sur la sole inclinée d'un four réverbère est chauffé à une température légèrement supérieure à sa température de fusion (232 °C), en coulant, il se débarrasse des impuretés non fusibles. L’étain brut peut également être purifié par électrolyse à anode soluble.
 
Le recyclage de l’étain englobe des sous-produits du traitement métallurgique (scories, poussières), des industries consommatrices d’étain (chutes, rebuts, résidus de brasures), des mitrailles et déchets divers en provenance des produits finis.
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Définition : Étain : définition et propriétés

L'étain en chiffres : propriétés du métal

L'étain occupe une place à part parmi les métaux industriels. Il fond bas, se déforme sans effort et s'oxyde très lentement à l'air, ce qui en fait autant un métal de revêtement qu'un métal d'apport. Sa particularité la plus connue reste son allotropie : selon la température, il change de structure cristalline et de masse volumique. Le tableau ci-dessous rassemble les valeurs de référence du métal pur.

Symbole et numéro atomique
Sn, numéro atomique 50
Masse atomique
118,710 u
Point de fusion
231,9 °C
Point d'ébullition
2 602 °C
Masse volumique
7,29 g/cm³ (étain blanc) et 5,77 g/cm³ (étain gris)
Conductivité thermique
≈ 66,6 W/(m·K)
Dureté (échelle de Mohs)
1,5
Minerai principal
Cassitérite, oxyde d'étain SnO₂
Formes allotropiques
Étain gris en dessous de 13 °C, étain blanc de 13 à 162 °C, forme gamma au-delà

À quoi sert l'étain dans l'industrie ?

  • Fer-blanc et emballage alimentaire : une fine couche d'étain déposée sur l'acier protège la tôle de la corrosion sans altérer le goût des aliments, principe même de la boîte de conserve.
  • Brasures et soudures : base des alliages d'apport en électronique et en plomberie, pour son bas point de fusion et son bon mouillage des autres métaux.
  • Bronzes : associé au cuivre, il donne la famille des bronzes, plus durs et plus résistants à l'usure que le cuivre seul.
  • Verre plat : dans le procédé float, le verre en fusion est étalé sur un bain d'étain fondu, ce qui donne des faces parfaitement planes.
  • Étamage : protection de pièces en acier ou en cuivre, contacts électriques, ustensiles de cuisine.
  • Objets d'étain : vaisselle, pichets et objets décoratifs, coulés dans des alliages riches en étain que l'on travaille à basse température.

Dans ces usages, ce n'est presque jamais la résistance mécanique qui est recherchée : elle est faible. L'étain apporte une propriété de surface, une aptitude à fondre, ou les deux. Son emploi technique se joue donc sur des épaisseurs de quelques microns pour le fer-blanc, ou sur des masses très réduites dans un joint brasé.

D'où vient l'étain : minerai, ressources et recyclage

L'étain est essentiellement extrait de la cassitérite, un minéral où il se présente sous forme d'oxyde SnO₂. Les gisements exploitables sont géographiquement très concentrés, et la Malaisie concentre historiquement une large part des réserves mondiales identifiées.

La production minière mondiale s'établissait à 307 900 tonnes en 2014, un ordre de grandeur modeste au regard des grands métaux de base. La Chine en assurait 106 000 tonnes, soit 34,4 %, devant l'Indonésie avec 88 300 tonnes (28,7 %), la Birmanie (30 000 t), le Pérou (23 100 t) et la Bolivie (19 800 t). Cinq pays pour plus de 85 % de l'offre.

Le recyclage compte pour environ 30 % de la production d'étain, une part élevée qui tient à la nature des usages. Un objet en étain se refond facilement, et le métal contenu dans le fer-blanc est récupéré lors du traitement des emballages usagés, avant valorisation de l'acier. Cette source secondaire fournit un étain neuf de qualité comparable au métal primaire, ce qui limite la pression sur les ressources minières.

Étain blanc et étain gris : qu'est-ce que la peste de l'étain ?

En dessous de 13 °C, la forme stable du métal devient l'étain gris, de structure cubique diamant et de masse volumique nettement plus faible : 5,77 contre 7,29 g/cm³. L'écart est considérable. La transformation gonfle le métal, le fragilise, et finit par le réduire en une poudre grise sans tenue. C'est la peste de l'étain.

En pratique, la transformation est très lente et demande un long séjour au froid, parfois l'amorce d'un germe d'étain gris déjà formé. Elle reste un point de vigilance pour les pièces exposées durablement à basse température, et pour les objets anciens conservés dans des locaux non chauffés. Des additions de bismuth ou d'antimoine stabilisent la forme blanche.

Une troisième forme, dite gamma, apparaît au-delà de 162 °C. Cassante, elle limite la mise en forme dans cette plage de température. Ces trois domaines expliquent qu'une spécification d'alliage d'étain précise toujours la plage de service visée, y compris côté basses températures, souvent oubliée.

La transition des soudures sans plomb

Les brasures traditionnelles associaient l'étain au plomb, le mélange eutectique fondant vers 183 °C. Les restrictions réglementaires sur le plomb dans les équipements électriques et électroniques ont poussé l'industrie vers des alliages sans plomb, principalement les ternaires étain-argent-cuivre.

Le changement n'est pas neutre en production. Ces alliages fondent une trentaine de degrés plus haut, autour de 217 °C, ce qui remonte les profils de refusion et sollicite davantage composants et circuits imprimés. L'aspect des joints change aussi, plus mat, et le comportement en fatigue thermique diffère. Qualifier un procédé de brasage sans plomb, c'est donc régler un four autant que choisir un alliage.

Reste un point de vigilance propre à l'étain : la croissance de whiskers, ces filaments qui se développent spontanément sur certains dépôts d'étain pur et peuvent court-circuiter des pistes voisines. Le sujet a été largement documenté depuis le passage au sans plomb, et se traite par le choix du dépôt et l'ajout d'éléments d'alliage.

Questions fréquentes à propos de Étain : définition et propriétés

Quel est le point de fusion de l'étain ?

L'étain fond à 231,9 °C, l'un des points de fusion les plus bas des métaux d'usage courant, et bout à 2 602 °C. C'est cette fusion facile qui en fait la base des alliages de brasage.

L'étain est-il toxique ?

Sous forme métallique, l'étain est considéré comme sans danger au contact des aliments, d'où son emploi historique pour l'étamage des boîtes de conserve et des ustensiles. La prudence porte sur certains composés organostanniques, employés comme biocides ou stabilisants, dont la toxicité est documentée et l'usage encadré.

Pourquoi utilise-t-on l'étain pour les boîtes de conserve ?

Parce qu'il cumule trois qualités : il protège l'acier de la corrosion, il se dépose en couche très fine et régulière, et il n'altère pas le contenu. La boîte reste en acier pour la tenue mécanique, l'étain n'assure que la barrière de surface.

Comment recycle-t-on l'étain ?

Deux voies coexistent. Les objets et alliages riches en étain se refondent directement. Le fer-blanc, lui, passe par un détainage chimique ou électrolytique qui sépare la fine couche d'étain de l'acier support, chaque métal repartant ensuite dans sa filière. Le recyclage couvre environ 30 % de la consommation.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Étain et alliages d'étain · Brasage et soudage des assemblages électroniques · Revêtements métalliques et traitements de surface · Recyclage des métaux non ferreux

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