Système constitué d’éléments interagissant entre eux. En construction, la structure désigne l’ossature d’un bâtiment ou d’un ouvrage d’art. Cet assemblage d’éléments structuraux porteurs permet le renvoi des forces appliquées et conduit à l’équilibre de la construction, d’où l’application à la conception de règles de calcul (Eurocodes). La structure confère à l’ouvrage le maintien des éléments non structuraux (toiture, garnissage des murs, équipement…), mais également sa solidité dans le temps et sa résistance aux sollicitations naturelles (vent, intempéries, température, neige). Au début du XIX° siècle, la construction métallique, notamment avec l’utilisation de l’acier, a permis de construire des bâtiments aux performances qui sont restées longtemps inégalées, cette industrie centenaire a même su s’adapter au progrès [C2500]. L’ossature d’une structure métallique se compose généralement d’un assemblage de poteaux et de poutres stabilisé par un système de contreventement. Depuis quelques décennies, le bois a retrouvé ses lettres de noblesse en construction ; les propriétés mécaniques (traction, compression, flexion, dureté…) et physiques (conductivité thermique, résistance et réaction au feu…) du bois et de ses dérivés en font des matériaux répondant parfaitement aux mêmes exigences et aux mêmes principes de construction qu’un ouvrage en béton ou d’une enveloppe en acier [TBA1721]. En plus de son esthétisme architectural, une structure porteuse en bois permet de prendre en compte les préoccupations actuelles de développement durable [C2440]. Les structures traditionnelles sont encore de nos jours en maçonnerie, les matériaux élémentaires sont alors des blocs porteurs (brique, béton, béton cellulaire, pierre calcaire…) la plupart du temps liés par un mortier. Le béton armé associe les résistances à la compression du béton avec les performances à la traction de l’acier. Le béton précontraint est adapté aux ouvrages soumis à de fortes contraintes ; le béton est soumis lors de sa fabrication à des contraintes de compression, ce qui le rend plus résistant aux contraintes de traction appliquées à l’ouvrage. Les avantages de la construction en béton, avant tout économiques, sont malmenés ces temps-ci car soumis à un argumentaire énergétique et écologique.
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Définition : ossature : définition et usages
Ce qu'est une ossature, et la frontière avec le reste du bâtiment
L'ossature désigne l'ensemble des éléments porteurs d'une construction, ceux qui reprennent les charges et les acheminent jusqu'au sol. Elle joue pour un bâtiment le rôle que le squelette tient pour un corps, et la comparaison est exacte sur un point décisif. Retirer un os interdit de tenir debout, retirer une cloison ne fait que modifier la distribution des pièces.
Cette frontière commande toute la conception. Un poteau, une poutre, un mur porteur, un plancher et un contreventement font partie de la structure. Une cloison de distribution, un bardage, une menuiserie et un doublage relèvent de l'enveloppe ou du second œuvre. La conséquence est immédiate en réhabilitation, où l'abattage d'un mur exige de savoir dans quelle catégorie il se range, et où une erreur de lecture se paie par un affaissement.
Les efforts que l'ensemble doit encaisser ne se ressemblent pas. Les charges permanentes, qui rassemblent le poids propre de la structure et des matériaux rapportés. Les charges d'exploitation, liées à l'usage, avec des valeurs réglementaires allant de 150 kilogrammes par mètre carré en logement à 500 et au-delà en local industriel. Les actions climatiques et accidentelles enfin, neige, vent et séisme, qui sollicitent le bâtiment horizontalement et non plus seulement vers le bas. Le vent est celui que l'on sous-estime le plus, une façade de 300 mètres carrés pouvant recevoir plusieurs dizaines de tonnes d'effort horizontal lors d'une tempête. En zone très exposée, la pression de calcul est près de 3 fois supérieure à celle retenue à l'intérieur des terres.
Fonction
reprendre les charges et les transmettre aux fondations
cloisons de distribution, bardage, doublage, menuiseries
Charge d'exploitation en logement
150 kilogrammes par mètre carré
Charge d'exploitation en local industriel
500 kilogrammes par mètre carré et au-delà
Cadre de calcul en Europe
Eurocodes, EN 1990 à EN 1999
Eurocode dédié au séisme
Eurocode 8
Entraxe courant des montants d'une ossature bois
40 à 60 centimètres
Section courante d'un montant de mur en bois
45 par 145 millimètres
Rapport résistance sur masse du bois
comparable à celui de l'acier, pour une densité 15 fois plus faible
Part de l'ossature dans le coût d'un bâtiment courant
20 à 30 % du montant des travaux
Gain de délai d'un chantier à ossature bois préfabriquée
de l'ordre de 30 % sur le gros œuvre
Part du bois dans la construction neuve de maisons en France
environ 10 %
Portée usuelle d'une poutre béton armé
5 à 8 mètres
Portée usuelle d'une poutre métallique
couramment plus de 20 mètres
Les grandes familles d'ossature, avantages et coûts comparés
Le choix du système porteur engage les coûts, le délai, la portée atteignable et le comportement thermique de l'ouvrage. Il pèse pour 20 à 30 % du montant des travaux. Quatre familles se partagent la construction courante, et chacune permet une gamme de portées différente. Le tableau des points forts se lit surtout à l'usage, selon qu'il faut construire vite, franchir loin ou porter lourd.
L'ossature en béton armé, poteaux et poutres coulés en place ou préfabriqués. Elle offre une grande liberté de forme, une bonne inertie thermique et une résistance au feu intrinsèque, au prix d'un poids élevé et de délais de séchage. Les règles de dimensionnement historiques sont exposées dans béton armé, règles BAEL, ossatures et éléments courants.
L'ossature métallique, profilés en acier assemblés par boulonnage ou soudage. Elle atteint les grandes portées avec des sections faibles, se monte vite et à sec, mais exige une protection contre le feu et contre la corrosion. Sa vérification sous efforts est traitée dans sécurité sous les efforts appliqués aux ossatures en acier.
L'ossature en bois, montants verticaux et lisses horizontales entre lesquels se loge l'isolation. C'est le système le plus léger, près de 5 fois moins lourd qu'une maçonnerie à performance égale, et le plus favorable au bilan carbone, avec un chantier sec dont le gros œuvre est raccourci d'environ 30 %, décrit de bout en bout dans maison à ossature bois, présentation.
La maçonnerie porteuse traditionnelle, où les murs assurent eux-mêmes la reprise des charges sans poteaux, reste le procédé le plus utilisé en maison individuelle, la construction bois représentant environ 10 % du neuf en France. Elle limite les ouvertures et les portées, puisque chaque percement affaiblit un élément structurel, et supporte mal les efforts horizontaux d'un séisme.
L'ossature bois, principes de mise en œuvre
Le système repose sur des montants verticaux espacés de 40 à 60 centimètres, généralement de section 45 par 145 millimètres, fixés entre une lisse basse et une lisse haute. L'ensemble forme un cadre que l'on rigidifie par un panneau de contreventement cloué sur une face, contreplaqué ou panneau de particules orienté. Sans ce voile, le cadre se déforme en parallélogramme sous l'effet du vent.
L'intérêt du procédé tient à un point que la maçonnerie ne peut pas offrir. L'isolation se loge dans l'épaisseur même de la structure, entre les montants, au lieu de s'ajouter par-dessus. À performance thermique égale, la paroi est plus mince de 10 à 15 centimètres, soit près de 5 % de surface habitable gagnée sur une même emprise pour une maison de 100 mètres carrés. C'est l'un des avantages que la maçonnerie ne peut pas rattraper. Le pont thermique subsistant au droit des montants se traite par une isolation complémentaire continue côté extérieur. Le procédé se prête aussi bien à la surélévation qu'à l'extension d'un bâti existant, par exemple pour ajouter un niveau sans reprendre les fondations, la charge apportée restant faible.
Contreventement et tenue au séisme, le volet horizontal
Une ossature dimensionnée pour les seules charges verticales s'effondre latéralement. Le contreventement rassemble les dispositions qui l'en empêchent.
Les palées triangulées, diagonales métalliques ou croix de Saint-André, qui transforment un cadre déformable en triangles indéformables.
Les voiles, murs pleins en béton ou panneaux bois cloués, qui travaillent en cisaillement dans leur plan.
Les portiques à nœuds rigides, où l'encastrement des poutres sur les poteaux reprend le moment de flexion sans nécessiter de diagonale. C'est la solution retenue quand les produits de remplissage doivent laisser la façade entièrement vitrée.
Le séisme change la nature du problème, puisqu'il n'applique pas une force mais impose un déplacement au pied du bâtiment. Le dimensionnement ne vise plus la rigidité maximale mais la ductilité, la capacité à se déformer beaucoup en dissipant de l'énergie sans rompre. Une structure trop raide attire les efforts et casse net, une structure ductile plie et tient. L'Eurocode 8 fixe ce cadre, décliné pour l'acier dans constructions parasismiques en acier et pour le mixte dans constructions parasismiques mixtes acier-béton. Le bois y tire un avantage naturel de sa légèreté, les forces d'inertie étant proportionnelles à la masse mise en mouvement.
Questions fréquentes à propos de ossature : définition et usages
Qu'est-ce qu'une ossature dans le bâtiment ?
C'est l'ensemble des éléments porteurs qui assurent la stabilité de l'ouvrage et transmettent les charges aux fondations. Poteaux, poutres, murs porteurs, planchers et contreventements la composent. Les cloisons de distribution, le bardage et les menuiseries n'en font pas partie, ils ferment ou divisent sans reprendre d'effort.
Quels sont les différents types d'ossature ?
Le béton armé, poteaux et poutres coulés ou préfabriqués. Le métal, profilés d'acier assemblés par boulonnage ou soudage. Le bois, montants et lisses avec isolation intégrée. Le mixte acier-béton, où un profilé et une dalle travaillent ensemble. La maçonnerie porteuse, où les murs assurent eux-mêmes la reprise des charges.
Quelle différence entre ossature et charpente ?
La charpente est la partie de l'ossature qui porte la toiture. L'ossature désigne l'ensemble du système porteur, murs et planchers compris. Toute charpente appartient à l'ossature, l'inverse n'est pas vrai.
Quelle épaisseur pour un mur à ossature bois ?
Les montants courants mesurent 45 par 145 millimètres, ce qui donne une paroi finie de 25 à 30 centimètres avec l'isolation intérieure, le pare-pluie, le bardage et le doublage. À performance thermique égale, la paroi reste plus mince de 10 à 15 centimètres qu'une maçonnerie isolée par l'extérieur.
Qu'est-ce que le contreventement d'une ossature ?
C'est l'ensemble des dispositions qui empêchent la structure de se déformer sous les efforts horizontaux du vent ou d'un séisme. Trois techniques existent, les palées triangulées, les voiles travaillant en cisaillement dans leur plan, et les portiques à nœuds rigides où l'encastrement reprend le moment.
Quelle réglementation encadre le calcul des ossatures ?
Les Eurocodes, normes européennes EN 1990 à EN 1999, qui couvrent les bases de calcul, les actions, puis chaque matériau. L'Eurocode 8 traite spécifiquement du comportement sous séisme et impose de raisonner en ductilité plutôt qu'en seule résistance.