L’essor des réseaux de communication numériques et des plateformes
de calcul embarquées offre de nombreux avantages pour l’implémentation
des contrôleurs (facilité d’installation et de maintenance, diminution
des coûts, etc.). En contrepartie, ce type d’implémentation soulève
de nouveaux défis en automatique car les ressources de calcul et/ou
de communication disponibles sont sujettes à restrictions et peuvent
d’ailleurs être partagées avec d’autres tâches que celle de contrôle.
L’approche classique de l’automatique consistant à mettre à jour le
contrôleur et à communiquer de façon périodique avec les capteurs
et les actionneurs s’avère inadaptée en règle générale dans ce cadre.
En effet, pour être efficace, la période d’échantillonnage doit typiquement
être sélectionnée suffisamment petite pour faire face au pire cas.
Cela conduit alors à de fréquentes transmissions et de fréquents calculs,
qui peuvent excéder les capacités disponibles. De plus, calculs et
communications se produisent même lorsque cela n’est pas nécessaire.
Si l’objectif est par exemple d’amener l’état du système à un point
d’équilibre et que celui-ci est atteint, il n’y a alors plus besoin
de mettre à jour le contrôleur et de communiquer (en l’absence de
perturbation). Or, une implémentation périodique continuera aveuglément
de générer transmissions et calculs à la même fréquence, gaspillant
ainsi les ressources disponibles.
Il est donc nécessaire d’envisager de nouveaux paradigmes pour
l’implémentation des lois de commande dans ce contexte. Une alternative
a vu le jour ces deux dernières décennies : la commande à échantillonnage
(ou transmission) événementielle, appelée communément « commande événementielle ».
Ce paradigme consiste à adapter les communications entre le système
et son contrôleur, ainsi que la mise à jour de ce dernier, en fonction
des besoins du système et non du temps écoulé depuis la dernière transmission,
comme c’est le cas avec l’échantillonnage périodique. Ainsi, les données
sont transmises au contrôleur (et/ou aux actionneurs) uniquement lorsque
cela est nécessaire pour que le système en boucle fermée satisfasse
l’objectif fixé. Plus précisément, transmission des données et exécution
du contrôleur sont déclenchées lorsque les données mesurées actuelles
deviennent significativement différentes des dernières communiquées.
Toute la question est alors de déterminer ce qui est entendu par « significativement
différent ». Cela se formalise sous la forme d’un critère qui dépend
typiquement des données à l’instant présent et des dernières transmises.
Le défi est alors de définir ce critère afin de satisfaire l’objectif
de commande tout en garantissant l’existence d’un temps minimum strictement
positif entre deux transmissions, prérequis à toute implémentation.
L’objet de cet article...