Cet article présente un état de l’art des méthodes de diagnostic et de pronostic de défaillance basées sur les modèles physiques dont les objectifs sont d’éviter l’occurrence d’une défaillance et de prédire la durée de vie résiduelle. Après un rappel des objectifs de la CBM/PHM, on expose les caractéristiques des modèles physiques empiriques et de connaissances. Ces méthodes étant basées sur le suivi des paramètres du modèle, les méthodes d’identification et d’estimation des paramètres physiques et des composantes d’état sont détaillées. Quatre exemples d’applications représentatives y sont présentés. L’article conclut sur les avantages et inconvénients de ces méthodes et outils.
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Gilles ZWINGELSTEIN : Ingénieur de l’École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique et d’hydraulique et des télécommunications de Toulouse (ENSEEIHT), docteur-ingénieur, docteur ès sciences, professeur associé des universités en retraite, université Paris-Est
INTRODUCTION
L’état de santé des équipements représente un enjeu important pour les industriels exploitant des systèmes industriels complexes. La surveillance de l’état de santé pendant la durée du cycle de vie permet de détecter l’apparition des dégradations, de réaliser le diagnostic et d’estimer la durée de vie restante avant l’apparition de la défaillance (DEFAD, RUL en anglais). Depuis plusieurs décennies, de très nombreuses méthodes ont vu le jour dans le cadre de la CBM (condition based monitoring-PHM [physical health management]) en utilisant des modèles spécifiques. Cet article présente un état de l’art des méthodes et outils reposant uniquement sur des modèles physiques pour réaliser le diagnostic et le pronostic de défaillances. La première section fournit un rappel succinct des enjeux et des objectifs de la CBM-PHM pour la prédiction de la durée de vie résiduelle (RUL) en utilisant la terminologie définie par les normes internationales NF EN 13306, ISO 13372 et ISO 13381. Elle recense ensuite les phases de la procédure CBM-PHM adaptées aux modèles physiques : observation, prétraitement des données pour identifier les paramètres des modèles et la détection d’une anomalie, diagnostic de la dégradation ou de la défaillance à partir de l’analyse des paramètres du modèle (empiriques ou de connaissance), pronostic en présence d’une dégradation diagnostiquée pour estimer la durée de vie résiduelle et prise de décision pour des actions de maintenance appropriée. Elle fournit également une liste non exhaustive des principales métriques utilisées pour caractériser la confiance et la prévision du RUL. La seconde section est consacrée à la définition d’une topologie des différents modèles physiques en deux catégories. La première catégorie est déduite de la discipline des mécanismes de défaillance (physics of failure, PoF) et est particulièrement adaptée à la modélisation de la fiabilité des composants électroniques et aux mécanismes de ruine des matériaux utilisés en mécanique. Pour les modèles physiques de prédiction de fiabilité des composants électroniques, les modèles HDBK 217F, 217F plus™, FIDES, sont précisés. Pour les modèles empiriques associés aux mécanismes de ruine des matériaux, des exemples de lois empiriques sont présentées : norme ISO 281, loi de Paris-Erdogan, Whôler, Manson-Coffin… Un exemple de modèle utilisé pour les mécanismes de ruine d’une boîte de vitesses d’éolienne illustre cette problématique. Par souci d’exhaustivité, les différents concepts de mécanique statistique qui prennent en compte les incertitudes dans les tests d'endurance font l’objet de rappels succincts. La seconde catégorie de modèles physiques repose sur les lois connues de la physique (électricité, électromécanique) et dont les structures mathématiques sont connues ainsi que leur nombre de paramètres. Ces modèles font l’objet d’une...
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