Le transport par voie d’eau est historiquement vital pour le commerce intérieur et international. Il offre le transport le plus économique, le plus économe en énergie et le moins polluant de tous les types de frets.
Les objectifs pour les armateurs d’améliorer la rentabilité du transport maritime et les développements techniques ont conduit à construire des navires de plus en plus grands, de plus en plus lourds, avec des tirants d’eau de plus en plus forts, obligeant ainsi les places portuaires à adapter et dimensionner leurs infrastructures (chenaux d’accès aux ports, ouvrages d’accostage) pour recevoir de tels navires. Les ports d’estuaire ont ainsi progressivement cédé la place aux ports côtiers, les chenaux d’accès, plus courts, se prêtant plus facilement aux travaux d’approfondissement.
Pour le transport de conteneurs, seul certains grands ports côtiers ont dû ou pu adapter leurs infrastructures portuaires pour permettre l’escale de navires porte-conteneurs de dernière génération.
C’est ainsi que Port 2000 au Havre a été mis en service en 2006, le linéaire de quai ayant été augmenté de 2,1 km en 2010, ou pour des navires de 16,00 m de tirant d’eau, voire plus (jusqu’à 18,00 m).
Sous la pression de ces nouveaux modes de transport cités ci-dessus, la plupart des grands ports, en bordure du littoral maritime, ont été ainsi poussés à mettre en œuvre des projets d’élargissement et d’aménagement des chenaux d’accès, bassins, zones d’évitages, faisant massivement appel aux divers moyens de dragages, consistant à creuser, transporter, vider ou mettre en dépôt les sédiments dragués sur un site approprié.
Le défi de la massification des trafics maritimes nécessite, pour être atteint, de réduire le temps de passage au port des conteneurs ou des passagers, en organisant simultanément une desserte adaptée de l’hinterland : d’abord desserte fluviale, lorsqu’elle existe pour les arrières-ports d’estuaire, et desserte ferroviaire, puis desserte routière fluide. À titre indicatif, un très faible pourcentage de conteneurs déchargés au port du Havre à destination de la France intérieure est redistribué par la voie fluviale et la voie ferroviaire, alors que plus de 80 % de ces conteneurs sont réacheminés par la route.
On ne peut donc admettre que les ports ne soient qu’une porte d’accès d’une chaîne de transport dont on néglige les autres maillons. Cette chaîne de transport, et notamment la voie maritime et fluviale mérite d’être soignée, valorisée, et entretenue de bout en bout.
Or, parallèlement à la réalisation des travaux d’investissements, la marée et les crues apportent naturellement et inexorablement ses sédiments marins et fluviaux, obligeant les...