Parmi les méthodes de valorisation des résidus organiques, la
méthanisation porte en elle de nombreux atouts. Elle permet, entre
autres, de minimiser les déchets et de produire une énergie à faible
empreinte carbone. Ce procédé utilise des bactéries anaérobies et
peut admettre une grande variété d’intrants d’origines diverses conduisant
à la production d’un biogaz, dont la partie intéressante est composée
de méthane, et d’un digestat lequel peut être envisagé, via un retour
à la terre, en tant qu’amendement. Des matières sont introduites dans
un digesteur où des bactéries produisent une fraction gazeuse et une
fraction liquide/solide. Cependant, les familles moléculaires rencontrées
dans les émissions volatiles, aussi bien au niveau des intrants que
des produits, peuvent avoir d’éventuels impacts sur l’environnement
des usines de méthanisation. C’est pour estimer les émissions odorantes
de telles installations, en relation avec les émissions gazeuses,
que cet article a été rédigé. Il sera ainsi possible de juger des
effets de la nature des intrants, selon la typologie d’usine, en établissant,
dès que cela s’avère possible, le lien entre nature chimique et pouvoir
odorant. L’acceptabilité sociétale de la méthanisation est un frein
important au développement rapide de cette technique de production
d’énergie et la problématique particulière des odeurs constitue une
part importante de la réaction de rejet.
Ce sont donc des exploitations de différentes typologies qui ont
été examinées à la fois sur la base des analyses olfactométriques
normées ou novatrices et sur la base d’analyses chimiques fines renseignant
sur les aspects qualitatifs et quantitatifs des molécules émises.
Au terme de cet article, les (futurs) exploitants, les bureaux d’étude
ou les agents de l’administration trouveront matière à cibler les
postes problématiques de chaque typologie d’usine afin de ne pas créer
de nuisances odorantes dans son voisinage.
Nota
un tableau des abréviations est présenté en fin d’article.