Fractionnement des échantillons macromoléculaires
Masses molaires moyennes
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Fractionnement des échantillons macromoléculaires
Masses molaires moyennes

Auteur(s) : James LESEC

Date de publication : 10 févr. 1996 | Read in English

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1 - Masses molaires moyennes et distribution

2 - Fractionnement des échantillons macromoléculaires

3 - Détermination des masses molaires moyennes

4 - Mesures par chromatographie par perméation de gel (exclusion stérique)

5 - Spectrométrie de masse

Sommaire

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Auteur(s)

  • James LESEC : Ingénieur de l’École nationale supérieure de chimie de Paris - Docteur ès sciences - Directeur de recherche au centre national de la recherche scientifique (CNRS)

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INTRODUCTION

Les substances macromoléculaires présentent, à de rares exceptions près, une hétérogénéité considérable de taille et de masse. On n’est plus en présence d’espèces moléculaires bien définies comme en chimie classique, mais de macromolécules qui se distinguent par leur degré de polymérisation, nombre de motifs élémentaires enchaînés entre eux. L’échantillon de polymère est polymoléculaire. Dans le cas le plus simple d’un homopolymère synthétique linéaire ou ramifié, la diversité de taille des macromolécules s’explique par le comportement cinétique de la réaction de polymérisation et, en particulier, par l’importance des réactions de transfert de chaîne, de terminaison, de greffage, et éventuellement de dégradation. Si la ramification conduit à un réseau tridimensionnel (réticulation), le concept de degré de polymérisation et de masse molaire devient indéfini.

Cette polymolécularité intervient en partie dans les différences de propriétés physiques et mécaniques observables sur des échantillons de la même substance macromoléculaire, mais préparés différemment. La caractérisation d’un échantillon polymère nécessite donc, outre la connaissance des valeurs moyennes du degré de polymérisation et de la masse molaire, l’évaluation de l’homogénéité de la substance considérée, c’est-à-dire la détermination de la courbe de distribution des masses molaires des différentes macromolécules constitutives. L’obtention de cette courbe nécessite :

  • la séparation de l’échantillon en fractions successives de masses molaires voisines (fractionnement) ;

  • la détermination de la masse molaire de chaque fraction.

Les principales méthodes de mesure des masses molaires des polymères n’ont pas fondamentalement changé durant les deux dernières décennies. D’autre part, aucune notion nouvelle n’est apparue dans le domaine de la caractérisation des polymères pour définir d’autres manières de visualiser la distribution des masses. C’est seulement, les progrès de la technologie qui, à titres divers, ont affecté plus ou moins les méthodes de caractérisation existantes et les ont rendues plus ou moins efficaces et populaires.

Une technique plus récente et beaucoup plus efficace permet, en plus du calcul de toutes les masses molaires moyennes, la détermination de la courbe de distribution des masses molaires. C’est la technique de chromatographie par perméation de gel (GPC) ou chromatographie d’exclusion stérique (SEC) 4. Cette technique a subi d’énormes améliorations et un développement très important dans les dernières années, tant au niveau de la précision qu’à celui de l’automatisation et de la rapidité des mesures. Les développements les plus récents concernent l’utilisation de détecteurs de masse (viscosimètre, diffusion de la lumière) couplés au détecteur de concentration habituel. La présence de ces détecteurs permet des analyses des données GPC beaucoup plus précises et puissantes comme la distribution des ramifications longues. Cette amélioration a été rendue possible par la formidable expansion de la micro-informatique et les appareils de GPC sont, à l’heure actuelle, généralement équipés d’une station informatique à laquelle les détecteurs sont reliés et qui permet, à l’aide de logiciels appropriés, l’acquisition et un traitement mathématique très élaboré des données GPC donnant toutes les masses molaires moyennes ainsi que la courbe de distribution des masses molaires.

Enfin, il faut noter l’apparition très récente (dans les années 1990) de la spectrométrie de masse en tant que méthode de mesure des masses molaires des polymères rendue possible par l’utilisation de techniques spéciales telles que l’électrospray et la mesure en temps de vol. La spectrométrie de masse est cependant limitée dans son domaine d’investigation. Elle semble s’appliquer principalement aux polymères hydrosolubles et, selon la technique utilisée, peut aller seulement jusqu’à quelques dizaines de milliers ou à quelques centaines de milliers d’unités de masse molaire. Il existe maintenant plusieurs appareils commerciaux mais peu de résultats ont été publiés, ce qui ne permet pas d’avoir, pour le moment, une vision critique de cette technique qui est certainement prometteuse.

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https://doi.org/10.51257/a-v2-a3060

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2. Fractionnement des échantillons macromoléculaires

L’établissement de la courbe de distribution d’un échantillon polymère suppose la séparation de cet échantillon en fractions aussi peu polymoléculaires que possible. Les techniques de fractionnement sont fondées soit sur les différences de solubilité des espèces constitutives de l’échantillon, soit plus simplement sur les différences de dimensions moléculaires de ces espèces.

2.1 Fractionnement fondé sur les différences de solubilité

Lorsqu’on provoque la séparation d’une solution homogène de polymère en deux phases, les conditions thermodynamiques d’équilibre de ces phases font apparaître que la quantité d’espèces i précipitée est d’autant plus grande que le degré de polymérisation DPi est élevé. On peut donc séparer les macromolécules suivant leur masse en provoquant la démixtion d’une solution homogène d’un polymère polymoléculaire. Il y aura toujours des faibles masses dans la phase précipitée, ce qui explique que les fractions de masses les plus élevées sont toujours plus polymoléculaires que celles de faibles masses. Il existe plusieurs méthodes pour provoquer la démixtion d’une solution homogène d’un polymère.

HAUT DE PAGE

2.1.1 Précipitation fractionnée

  • Par abaissement de la température

    On élève progressivement la valeur du paramètre d’interaction χ12 (cf. chapitre Polymères en solutionPolymères en solution) ce qui correspond à une diminution de la solubilité du polymère. On fait successivement apparaître des phases précipitées ou coacervées contenant, à chaque étape, les masses les plus élevées. Chaque phase précipitée est séparée et le polymère récupéré.

    ...

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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - GRUBISIC (Z.), REMPP (P.), BENOIT (H.) -   J. Polym. Sci.,  -  part B, 5, p. 753, (1967).

  • (2) - OUANO (A.C.), KAYE (W.) -   J. Polym. Sci., A1, 12,  -  p. 1151, (1974).

  • (3) - OUANO (A.C.) -   J. Polym. Sci. A1, 10,  -  p. 2 169, (1972).

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  • (5) - YAU (W.W.), REMETER (S.W.) -   J. Liq. Chromatogr., 13,  -  p. 627, (1990).

  • (6) - HANEY (M.) -   J. Appl. Sci., 30,  -  p. 3 037, (1985).

  • (7) - GOLDWASSER (J.) -   Waters Int’I GPC Symposium,  -  Newton,...

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