Il existe une très large palette de méthodes de navigation pour
la robotique mobile. Les plus simples sont des méthodes réactives
faisant un lien direct entre perception courante et action qui vont
permettre de se déplacer aléatoirement ou de suivre une cible ; mais
pour accomplir une tâche complexe, il est souvent nécessaire de connaître
la position du robot dans son environnement et de disposer d’une carte
qui permette de planifier les déplacements pour atteindre un but précis
en évitant les obstacles connus. Un robot aspirateur peut par exemple
très bien fonctionner avec une stratégie réactive de navigation aléatoire,
mais si l’on imagine un robot de service pouvant apporter des objets
à une personne handicapée, des capacités de planification de déplacement
et de localisation précise sont nécessaires.
Lorsque l’on souhaite naviguer en utilisant une carte, il faut
résoudre deux problèmes : celui de la cartographie pour créer cette
carte, et celui de la localisation pour estimer la position du robot.
Pour des applications pouvant se permettre une mise en place assez
lourde, la cartographie peut être simplifiée en étant réalisée par
un opérateur humain, ou en modifiant l’environnement par l’ajout de
balises par exemple. Cependant, pour des applications à très large
diffusion, typiquement des robots de service à la personne, il est
souhaitable que le robot puisse réaliser sa carte de manière autonome,
sans adaptation de l’environnement et sans connaissances particulières
de l’utilisateur. C’est également le cas pour des applications où
l’être humain ne peut pas accéder à l’environnement, comme dans un
contexte militaire ou de catastrophe naturelle. Dans ces cas, les
problèmes de cartographie et de localisation sont interdépendants
et il faut les résoudre ensemble, ce qui a donné naissance à un domaine
de recherche très actif depuis les années 1990 : celui de la cartographie
et localisation simultanées, désigné par son acronyme anglais SLAM
(
Simultaneous Localization and Mapping
).
Le SLAM a déjà des applications grand public, notamment avec les
robots aspirateurs, dont certains modèles utilisent des caméras ou
des télémètres laser pour construire une carte, se localiser et planifier
leurs déplacements. Cependant, cela reste un domaine de recherche
très actif, et des progrès constants sont accomplis pour permettre
de fournir des cartes plus précises, contenant des informations sémantiques
par exemple, ou de fonctionner dans des environnements plus grands,
plus complexes ou sur des périodes de temps plus longues. Dans le
cadre de cet article, nous nous focaliserons sur des applications
de robotique de service en environnement intérieur, même si la plupart
des concepts et techniques peuvent s’utiliser directement ou s’adapter...