Plus de 50 % de la population mondiale vit en zone (péri)urbaine
et cette tendance s’accentue. C’est pourquoi de nombreux projets d’agriculture
(péri)urbaine (AU) se développent sous l’impulsion des citoyens qui
souhaitent améliorer leur cadre de vie. Pour répondre aux besoins
des habitants – logements, alimentation, JEVI (jardins, espaces verts
et infrastructures) – tout en respectant les politiques publiques
environnementales, telles que la loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023
dite « loi ZAN » (qui vise à faciliter la mise en œuvre de l'objectif
de zéro artificialisation nette à l'horizon de 2050 posé par la loi
n° 2021-1104 dite « climat et résilience » du 22 août 2021), les collectivités
soutiennent des projets d’AU dans le cadre des démarches de renaturation.
Proposer des projets d’AU qui ont du sens, participer aux décisions,
agir et interagir avec son environnement permet en effet de s’y sentir
mieux intégré et, par ailleurs, les sols vivants non artificialisés
fournissent des services écosystémiques cruciaux pour renforcer la
résilience des villes selon Dumat
et al.
(2024). Dans le chapitre
intitulé « Urban agriculture, a vector for agroecology serving One
Health : focus on France and India » (inclus dans l’ouvrage :
For
local food systems : A discussion on food sovereignty and the agroecological
transition
, Orient BlackSwan), les auteurs explicitent pour différents
contextes les enjeux écologiques portés par les projets d’AU. Des
projets d’AU très variés existent, car ils sont construits en fonction
des spécificités territoriales et des dynamiques sociales associées.
En conséquence, il n’y a pas une définition unique de l’AU. C’est
pourquoi, on parlera souvent au pluriel des « AU » pour souligner
le vaste panel de projets : cultures en pleine terre, hors-sol ou
hydroponie, sols reconstitués (technosols) avec des matériaux (in)organiques
issus de l’économie circulaire locale et des techniques proches de
la permaculture… L’AU peut être low-tech, basée sur la récupération
de matériaux, ou high-tech en recourant aux dernières technologies,
à l’intelligence artificielle (exemple des fermes verticales automatisées)
et à la robotisation. Pour l’agriculture rurale, de nombreuses variantes
existent aussi, selon la taille de l’exploitation, le type de production,
le modèle économique et les pratiques : agriculture conventionnelle,
raisonnée, biologique ou agroécologie. Mais, dans le cas des AU, encore
plus de variantes existent, car les projets peuvent être professionnels
ou amateurs, des formes hydrides ou mixtes (production, zone récréative
et/ou de formation), des formes plus technologiques pour résoudre
les problèmes de place et renforcer l’attractivité du site pour le
grand public : fermes verticales, démonstrateurs d’aquaponie,...