Cet article aborde le processus d’enquête interne dans les organisations.
La notion d’enquête interne n’est pas nouvelle et correspond à l’ensemble
des activités d’audit et de vérification qui vont être réalisées au
sein d’une organisation, soit par des auditeurs et des salariés de
l’organisation dédiés à cela, soit par des experts spécialisés dans
ce domaine. Ces investigateurs sont toujours mandatés par la direction
générale, voire par un comité d’audit. L’enquête interne est un processus
visant à donner une confirmation de faits via des constats objectifs.
Elle est réalisée de manière indépendante par des auditeurs spécialisés
compétents dans le domaine de vérification concerné (détection de
pratiques corruptives, qualification d’une éventuelle fraude interne
telle qu’un vol de matières premières dans un entrepôt, un vol de
véhicule ou encore le détournement d’actifs financiers ou d’actifs
informationnels). L’enquête interne peut porter sur des pratiques
dites de négligence (erreurs opérationnelles significatives, erreurs
répétées, négligences graves sur des consignes de sécurité non respectées).
Si l’enquête interne est amenée à identifier des dysfonctionnements
dans les processus, elle se distingue de l’audit interne classique
(qui a pour objectif de donner une assurance raisonnable sur le degré
de maîtrise d’un processus ou d’une activité) en cela qu’elle concerne
avant tout les comportements et pratiques d’un individu ou d’un groupe
d’individus dans l’organisation. Là où l’audit interne permet de constater
des axes d’amélioration avec des recommandations associées, l’enquête
interne peut elle aussi établir ce type de constat et recommandations.
L’enquête interne ira au-delà d’un audit de processus en qualifiant
des faits et en cherchant à établir les éléments matériels, intentionnels
et l’imputabilité associée à ces faits. Il y a donc derrière la dimension
d’enquête interne un caractère particulièrement sensible et une recherche
méthodique de la preuve et de la qualification des faits à la fois
pour traiter un incident via un diagnostic objectif, mais aussi pour
établir des causes sources qui peuvent s’apparenter à la détermination
d’une responsabilité à l’égard de tiers à l’organisation ou de collaborateurs
internes à celle-ci.
De nombreuses évolutions réglementaires et jurisprudentielles
encadrent désormais les pratiques d’enquête interne. Ce point est
particulièrement significatif et alerte sur la nécessité de structurer
un processus d’enquête interne réellement organisé afin d’éviter toutes
dérives dans le processus (défaut de conformité, instrumentalisation
des résultats de l’enquête), voire des erreurs lors de la réalisation
de ladite enquête (omissions de certains constats, absence de traçabilité
et de documentation des preuves, non-respect d’un principe contradictoire,
insuffisance...