L’engouement pour les systèmes urbains de transport public de voyageurs par câble est réel depuis le début des années 2000, avec un intérêt croissant d’agglomérations de toutes tailles. Les avantages mis en avant sont notamment : des systèmes techniques éprouvés et fiables, une mise en œuvre a priori aisée du fait de contraintes d’implantation moins fortes que pour un système établi au sol, et un coût plus aisément maîtrisable.
Si l'on peut citer quelques implantations emblématiques tant en France qu’à l’étranger, comme Brest, Saint-Denis de la Réunion, Toulouse, Hong-Kong, Saint-Domingue et surtout la première référence médiatisée que constitue Medellin en Colombie, il est difficile de discerner un volume de réalisations à la hauteur des ambitions affichées. Les acteurs du secteur font unanimement état de blocages de natures diverses, tant de la part de certains élus et surtout techniciens des collectivités, que d’habitants riverains potentiels.
Les abandons enregistrés par exemple à Orléans, à Grenoble, Lyon ou en Île-de-France (où l’on avait recensé une quinzaine de projets dans les années 2010) posent la question des conditions d’une transposition en milieu urbanisé de systèmes de transport avant tout utilisés en milieu naturel (montagnes notamment) et plutôt pour des déplacements touristiques. Est-ce aussi facile que l’entendent les promoteurs des systèmes téléportés ? Est-ce aussi économique qu’anticipé ? Sans prétendre à l’exhaustivité, cet article vise à recenser les difficultés rencontrées et à proposer une réflexion plus approfondie sur certains points considérés à l’heure actuelle comme bloquants.