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Chiffre clé : 6 heures de soleil pour faire vivre la planète

Posté le par La rédaction dans Environnement

En 6 heures, le soleil fournit à la terre autant d’énergie que ce que l’humanité consomme en une année. C’est à partir de ce constat que des ingénieurs allemands ont imaginé un projet révolutionnaire, Desertec.

D’abord considéré comme une utopie, le projet Desertec, imaginé par des ingénieurs allemands gagne en crédibilité depuis quelques mois. En effet, le projet vise à relier les déserts du Sahara au continent européen. Dans le détail, il s’agit de créer un réseau électrique intelligent en courant continu, reliant des milliers de centrales thermiques du Sahara à toutes les sources d’énergies renouvelables du continent européen (éolien, géothermie et biomasse principalement). Au final, la création de cette boucle permettrait d’alimenter l’Afrique mais également l’Europe en électricité. Mais ce n’est pas tout. La réussite de Desertec mettrait fin en trente ans à peine à l’hégémonie du pétrole, du gaz et du charbon ! A la base de ce projet, fantaisiste à première vue, il y a une réalité : en six heures, le soleil fournit autant d’énergie à la terre que ce que l’humanité consomme en une année. Partant de là, les ingénieurs allemands responsables du projet ont un objectif concret : couvrir de panneaux solaires 0,3% de la superficie des déserts de l’Afrique et du Moyen-Orient, ce qui correspond à peu près à la surface de l’Autriche.

De l’utopie au soutien unanime
Le projet est donc pharaonique, mais a reçu fin mars 2009 le soutien du gouvernement allemand. Aussi, deux grands groupes spécialisés dans l’équipement électrique, Siemens et ABB, ont apporté leur caution industrielle à Desertec. Enfin, l’Union pour la Méditerranée a inscrit ce projet dans son agenda, lequel a également reçu le soutien de l’UE.Cependant, c’est un défi colossal qui attend les responsables de Desertec. Ce qui peut simplement se résumer à un « super réseau vert » implique une révolution technologique. Il s’agit principalement de construire des lignes à très haute tension en courant continu pour acheminer de grandes quantités de courant sur de longues distances. Historiquement, les réseaux de transport sont en courant alternatif. Mais depuis quelques années, de nombreuses réalisations d’importance en courant continu voient le jour. La plus importante, pour le moment, est une ligne de 600 mégawatts qui relie la Nouvelle-Zélande du Nord au Sud.

Un coût du kWh ultra compétitif
Le point fort du projet est la volonté des responsables de coupler ce super réseau à haute tension en courant continu avec une production décentralisée d’énergie renouvelable, ceci pour diversifier les sources et assurer une robustesse systémique à l’ensemble de la boucle. Le volet financier du projet est bien sûr capital pour les responsables de Desertec. 1,5 trillion d’euros sont nécessaires pour la réalisation et la mise en fonctionnement du réseau. Un chiffre astronomique, mais qui reste relatif si on le compare aux 13,6 trillions d’euros qui seront investis d’ici à 2030 dans les centrales fossiles. En fait, avec un coût du kWh évalué à 4,7 centimes d’euro par l’étude de faisabilité commandée par le gouvernement allemand, le projet s’avère aussi rentable que les meilleures centrales à gaz actuelles.Ainsi, Desertec, longtemps considéré comme une utopie totale, s’ancre de plus en plus dans la réalité, et offre aux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique une occasion historique de faire un saut de géant dans l’électrification. Même si le chemin est encore long pour Desertec, le projet n’a jamais été autant pris au sérieux et son évolution mérite d’être suivi de près.

Posté le par La rédaction


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