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La pollution de l’air augmente les risques de maladies cardiovasculaires

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

La pollution de l’air est un enjeu majeur à l’échelle mondiale. Elle est responsable de 400.000 décès chaque année en Europe. Un mal pas encore suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics.

La pollution de l’air abîme notre cœur. Selon un exposé de position publié dans l’European Heart Journal, il existe de nombreuses manifestations de la maladie cardio-vasculaire associées à la pollution de l’air. La pollution atmosphérique aggrave non seulement des problèmes cardiaques existants, mais semble également jouer un rôle dans le développement de la maladie chez des personnes saines. Il y a notamment une forte preuve d’un effet négatif des particules en suspension par rapport aux polluants gazeux.

La pollution de l’air extérieur est un mélange complexe de milliers de composants. Du point de vue de la santé, des éléments importants de ce mélange comprennent des particules en suspension et les polluants gazeux comme l’ozone, le dioxyde d’azote (NO2), les composés organiques volatils (dont le benzène), le monoxyde de carbone (CO) et le dioxyde de soufre (SO2). Les particules de suie, d’oxydes d’azote et de soufre sont émises directement dans l’air par la combustion de combustibles fossiles. Les principales sources de NO2 sont le trafic motorisé routier, la production d’énergie, de sources industrielles et le chauffage résidentiel.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. En Europe, elles tuent 4 millions d’Européens et 1,9 million de citoyens de l’Union européenne, selon la société européenne de cardiologie.

La pollution de l’air, première cause environnementale de décès

En novembre dernier, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a publié un rapport dans lequel elle indique que la pollution de l’air reste la principale cause environnementale de décès prématurés dans l’Europe urbaine. « Presque tous les urbains sont exposés à des polluants à des niveaux considérés comme dangereux par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ».

Les maladies et les crises cardiaques sont la principale cause (80 %) de décès dus à la pollution de l’air, avant les maladies pulmonaires et le cancer, selon l’étude de l’AEE. Le document indique également qu’environ neuf habitants sur dix des villes européennes respirent un air chargé de polluants considérés comme responsables de 400.000 morts prématurées chaque année.

La pollution de l’air est ainsi liée à des pathologies telles que les maladies des artères coronaires, l’insuffisance cardiaque, l’arythmie et l’arrêt cardiaque, les maladies cérébrovasculaires ou encore l’artériosclérose.

Une action des pouvoirs publics attendue

L’exposé de position de l’European Heart Journal appelle intensifier les efforts pour réduire l’exposition à la pollution atmosphérique par le soutien d’une législation approprié et efficace pour réduire. Ainsi la Commission européenne a lancé en 2005 une stratégie thématique sur la pollution de l’air en vue d’atteindre « des niveaux de qualité de l’air qui ne donnent pas lieu à des effets négatifs importants sur la santé humaine et l’environnement ».

De même en 2008, l’UE a adopté directive « Air pur pour l’Europe » qui modifie la législation européenne relative à la qualité de l’air ambiant pour réduire la pollution à des niveaux qui réduit les effets nocifs sur la santé humaine et sur l’environnement tout en améliorant l’information du public sur les risques encourus.

Cependant, le 12 décembre dernier, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a annoncé l’abandon du projet pour de nouvelles règles européennes contre la pollution de l’air. Une décision qui a provoqué la colère des écologistes pour qui la Commission a cédé aux pressions du patronat.

Lors de la session plénière de décembre, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a, de son côté, indiqué que le texte serait maintenu tout en aidant modifié.

Source : Euractiv.fr. Anne-Claude Martin

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