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Le prix Pierre Potier distingue 5 entreprises chimiques « vertes »

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

La Fédération Française pour les sciences de la Chimie (FFC) et l’Union des Industries Chimiques (UIC) viennent d’attribuer le prix Pierre Potier à 5 entreprises qui, dans le cadre du règlement européen REACH, ont contribué, dans leurs domaines, à la mise sur le marché de produits plus sûrs, plus écologiques, mieux recyclés et faisant moins appel aux ressources fossiles. Explications.  

Créé en 2006 en partenariat avec la Fédération Française pour les sciences de la Chimie (FFC) et l’Union des Industries Chimiques (UIC), le prix Pierre Potier a pour objectif de mettre en lumière les initiatives de l’industrie chimique en faveur du développement durable et de favoriser le développement de démarches éco-responsables dans la filière. Il a reçu cette appellation en mémoire de la contribution capitale du chimiste-biologiste du même nom dans les découvertes de nouveaux médicaments issus de végétaux.

Récompensant des produits chimiques innovants qui contribuent au respect de l’environnement et dont les applications sont au cœur de la vie quotidienne des consommateurs, le prix Pierre Potier s’inscrit au cœur de l’ambition de la filière industrielle chimique de développer une « chimie durable ». En effet, dans un contexte marqué par le Grenelle Environnement et la mise en œuvre du règlement européen REACH, répondre aux défis environnementaux et sociétaux représente un enjeu majeur pour l’industrie chimique.

Dans ce contexte, chacun des  5 lauréats récompensés par le prix Pierre Potier a été primé pour sa contribution, dans son domaine, à la mise sur le marché de produits plus sûrs, plus écologiques, mieux recyclés et faisant moins appel aux ressources fossiles.

Une résine pour peintures sans solvant permettant une climatisation moins énergivore

L’absorption du rayonnement solaire par les bâtiments en période chaude est un élément important du bilan thermique pour toutes les constructions en zones ensoleillées. Elle entraîne évidemment un besoin en énergie de climatisation. Recouvrir un bâtiment d’une peinture blanche présente l’avantage de réfléchir les rayons solaires et de réduire cette dépense d’énergie en climatisation artificielle.

Arkema a mis au point Kynar Aquatec, un latex PVDF (polyfluorure de vynilidène) à l’eau, sans solvant, applicable sur les façades et toitures de tout type de bâtiments et permettant de réfléchir les rayons du soleil.  Grâce à sa caractéristique de réflectivité, une peinture à base de Kynar Aquatec diminue sensiblement les coûts de climatisation des bâtiments en période ensoleillée. Elle permet en effet de gagner 20 à 25 kWh/m2/an, sachant qu’un bâtiment consomme en moyenne 150 kWh/m2/an.

L’innovation qui a valu à Arkema le trophée du Pierre Potier 2010 dans la catégorie Produit, est triple, car Kynar Aquatec :

  • est une résine PVDF présentée pour la première fois en émulsion aqueuse, sans solvant ;
  • elle permet d’obtenir un revêtement réfléchissant en PVDF à séchage air, applicable avec des outils de peinture traditionnels (pulvérisation ou pistolage), directement sur les toits et façades des bâtiments, quelles que soient leurs formes, et leurs natures : plaques de goudron, ciment, métal ou même bois (jusqu’à présent, les revêtements PVDF, nécessitant un traitement thermique en usine, ne pouvaient s’appliquer qu’à des pièces métalliques) ;
  • contrairement aux autres peintures aqueuses blanches classiques, un revêtement à base de Kynar Aquatec conserve dans le temps ses propriétés réfléchissantes et sa résistance aux UV, aux intempéries et à l’encrassage (durabilité de l’ordre de 25 ans).

Une molécule originale au service de la dermatite atopique

La dermatite atopique, qui touche aujourd’hui près de 15 % de la population, se traduit par une peau très sèche et irritée qui nécessite des soins apportant confort et apaisement. C’est ce que propose la gamme Trixéra+ au Sélectiose, lancée par les Laboratoires Avène (Pierre Fabre Dermo-Cosmétique) en novembre 2007 au terme de plusieurs années de recherches en collaboration avec le CNRS (Laboratoires de Madame Rico-Lattes de l’Université P.Sabatier de Toulouse). Trixera+ agit à la fois en surface en restaurant la barrière cutanée, mais aussi en profondeur en modérant l’hypersensibilité cutanée. Le Sélectiose a en effet prouvé sa capacité à limiter l’afflux de cellules réactives au niveau cutané, pour modérer l’irritation. Une étude clinique internationale sur plus de 600 volontaires a prouvé son efficacité.

Le concept qui a conduit au Sélectiose et a valu le trophée du Prix Pierre Potier 2010 dans la catégorie Procédé à Pierre Fabre Dermo-Cosmétique, est particulièrement original puisque cette molécule, obtenue à partir d’un sucre naturel, a été conçue d’entrée pour être polyfonctionnelle : son caractère amphiphile lui permet à la fois d’améliorer l’accès aux récepteurs de l’épiderme à l’origine de ses propriétés anti-inflammatoires et de limiter le nombre de constituants de la formule en participant à sa propre formulation (économie notable en énergie et en atomes). Le même concept a été appliqué à des produits analogues qui vont bénéficier de tous ces acquis, engendrant des économies importantes en termes de temps de développement.

Des huiles qui répondent aux critères de l’écolabel européen des lubrifiants

A la suite de la création en 2005 d’un écolabel européen pour les lubrifiants, instaurant des critères très précis en termes de performance (niveau technique comparable aux lubrifiants pétroliers exigé) et en matière environnementale (biodégradabilité, non bioaccumulation, non-écotoxicité, quantité minimum de matières premières renouvelables, absence de phrases de risques, exclusion de substances spécifiques telles que les produits halogénés, métalliques, etc.), Novance, titulaire de la médaille Pierre Potier dans la catégorie Produit, s’est lancée dans la conception d’une gamme de biolubrifiants répondant à l’ensemble de ces critères.
La gamme DIESTERlub est aujourd’hui composée de deux huiles pour chaînes de tronçonneuses, deux huiles hydrauliques et une huile pour moteur deux temps.

Novance a beaucoup investi pour développer son expertise dans la lubrification des huiles végétales et dérivés et pour comprendre les phénomènes de biodégradation, d’écotoxicité, de calcul de carbone renouvelable et de bioaccumulation. L’entreprise a remporté l’appel d’offre de l’ONF (Office National des Forêts) pour la fourniture des lubrifiants pour chaînes de tronçonneuses et commercialise aujourd’hui ses produits auprès de diverses filières : les organismes institutionnels, les entreprises privées d’entretien, les pétroliers, des spécialistes indépendants du graissage et des distributeurs privés.

La bioraffinerie lignocellulosique, une première mondiale 

Médaille du prix Pierre Potier dans la catégorie Procédé, la société CIMV a développé un concept original de raffinage végétal qui permet de séparer et de valoriser les trois principaux constituants de la matière végétale en trois produits intermédiaires destinés à l’industrie : les lignines linéaires, la cellulose et les sirops de sucres. La ressource exploitée est non-alimentaire et provient de co-produits agricoles tels que la paille de céréales, la bagasse de canne à sucre, le sorgho sucrier, mais peut également s’appliquer aux plantes à fibres ou aux bois feuillus.

Le procédé CIMV fonctionne à pression atmosphérique, ne génère aucun rejet nocif pour l’environnement et consomme cinq fois moins d’eau que les procédés papetiers classiques. Les acides organiques utilisés pour la solvolyse des lignines et des hémicelluloses sont intégralement recyclés.

Pionnière sur son secteur, la technologie CIMV a été validée à l’échelle pilote par l’intermédiaire d’une unité industrielle de démonstration, située sur le site de Bazancourt, près de Reims. La première bioraffinerie CIMV (CIMV Marne) sera implantée sur la commune de Loisy-sur¬Marne, au cœur de la région Champagne-Ardenne. L’unité traitera annuellement 160 000 tonnes de paille de blé, de céréales et d’orge et produira à partir de 2012 :

  • une pâte à papier chimique pour l’impression, blanchie à l’eau oxygénée, sans chlore et de qualité équivalente aux pâtes de bois feuillus. Elle peut aussi, dans une option biocarburant, être hydrolysée et transformée en alcool de deuxième génération ;
  • de la biolignine, lignine linéaire de bas poids moléculaire entrant dans la composition notamment des premières colles à bois industrielles à haute performance, sans formaldéhyde et d’origine exclusivement végétale ;
  • des sirops de sucres, composés de sucres en C5 et essentiellement du xylose, comme additif pour l’alimentation animale, notamment pour le tannage des protéines en lieu et place du formaldéhyde.

Au-delà de ces trois applications, CIMV poursuit ses recherches dans l’élaboration de nouveaux produits et produits dérivés.

L’oxydation hydrothermale en milieu supercritique

Depuis près de deux ans, Innoveox développe une offre globale de traitement des déchets dangereux issus principalement de l’industrie du raffinage, de la pétrochimie, de la chimie ou de la pharmacie. Grâce aux travaux du Professeur Cansell et du CNRS, Innoveox qui a remporté la médaille du Prix Potier, dans la catégorie Start-up, a mis au point une technologie très innovante qui consiste en la combustion froide de la matière organique qu’elle convertit exclusivement en eau, avec un bilan carbone neutre.

Le procédé offre par ailleurs la possibilité de récupérer les métaux et les minéraux. Le champ d’application du procédé est extrêmement vaste, allant du traitement des boues urbaines, la destruction d’huiles, de solvants, de pyralènes jusqu’aux domaines du militaire ou du nucléaire. Ce procédé est particulièrement adapté au traitement des déchets liquides qui sont, soit trop concentrés pour être dégradés biologiquement, soit trop dilués pour être incinérés.

Efficace à 99,99 % et très rapide (moins d’une minute de traitement), il rejette une eau qui peut être déversée directement en milieu naturel sans aucun risque pour l’environnement. Le procédé n’engendre enfin ni odeurs, ni émissions de particules ou gaz toxiques. Autre avantage, les unités de traitement sont compactes et peuvent être facilement installées sur site, évitant un transport coûteux et dangereux. Enfin le module de traitement permet de générer de l’énergie (chaleur ou électricité) et se révèle plus compétitif que les procédés d’incinération.

La première unité devrait voir le jour en décembre 2010 et Innoveox entend mettre au point environ 130 machines d’ici 5 ans, pour un marché estimé à 2 milliards d’euros en Europe.
 

Posté le par La rédaction


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