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Décryptage

Les dermatologues dénoncent une épidémie d’allergies provoquée par la méthylisothiazolinone

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Une étude a montré qu’en seulement deux ans les tests positifs à la méthylisothiazolinone ont triplé.

Allergène de l’année  2013. Voilà le titre peu glorieux décroché par la méthylisothiazolinone (MIT) aux Etats-Unis. En effet, cette substance chimique est responsable de nombreuses allergies de contacts, un phénomène qui prend une ampleur inquiétante. Dans un communiqué du 23 octobre, la Société française de dermatologie (SFD) s’alarme de la recrudescence des cas d’allergie, une explosion des cas étant visible en France mais aussi dans d’autres pays européens.

La MIT est un biocide et un conservateur. On le retrouve dans les produits cosmétiques pour lesquels il permet de contrôler la croissance microbienne, ainsi que dans les produits ménagers et professionnels comme les peintures à l’eau ou des enduits.

Depuis quelques années, la MIT est utilisée dans les cosmétiques en remplacement du paraben, substance chimique servant de conservateur mais identifié comme toxique.

Le 3 mai 2011, l’Assemblée nationale  avait d’ailleurs adopté une proposition de loi visant à interdire l’utilisation du paraben en France, loi qui n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. 

La SFD s’alerte du fait que les premières victimes sont les bébés et les jeunes enfants. En effet,  la MIT est souvent présente dans les lingettes, les laits ou encore les gels douches à destination des tout-petits.  Des publications scientifiques ont pourtant mis en évidence l’aspect allergisant de la MIT, révélant « […] des cas de sensibilisation chez de jeunes enfants, principalement à type d’eczéma du visage et du siège déclenché par l’utilisation de lingettes nettoyantes, avec parfois une réactivation lors de l’exposition aéroportée à la MI des peintures à l’eau murale. ». 

L’étude REVIDAL-GERDA (Réseau de Vigilance en Dermatologie Allergologie rattaché au Groupe d’Etude et de Recherche en Dermatologie Allergologie)  a montré le triplement des tests positifs à la MIT entre 2010 et 2012, ce qui représente un taux de sensibilisation de 5.6%. Une situation comparable à l’Allemagne et au Royaume unis où les taux de sensibilisation sont passée respectivement de 1.9% à 6% et de 0.5% à 5.7%.

Face à ce qu’elle qualifie de véritable épidémie, la SFD regrette qu’aucun texte officiel de recommandations n’existe et  invite les autorités à se saisir du cas de la MIT.

Par Audrey Loubens

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Posté le par La rédaction


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