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Les phtalates de butylbenzyne et de dibutyle sont à l’origine de pathologies respiratoires chez l’enfant à naître

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

La barrière placentaire ne bloque pas toutes les substances chimiques. Plus particulièrement, les phtalates réussissent à la traverser pour atteindre le fœtus. Or, d’après une étude parue dans la revue Environmental Health Perspectives, l’exposition aux phtalates augmente de 72 à 78% le risque de développer de l’asthme.

Les chercheurs américains ont suivi 300 femmes enceintes. Ils ont analysé leur taux d’exposition à 4 phtalates pendant la grossesse puis celui de leur enfant aux âges de 3, 5 et 7 ans. Ces mesures ont ensuite été comparées au développement éventuel d’asthme chez ces enfants. Le résultat est édifiant. Sur l’ensemble des enfants nés, 94 ont développé de l’asthme.

Deux phtalates ont été clairement identifiés par l’équipe de Robin Whyatt comme favorisant l’asthme. Il s’agit du butylbenzyl phtalate et du dibutyl phtalate. Ainsi, les scientifiques de l’Université de Columbia ont observé que le risque d’ashme était augmenté de 72% pour un tiers des enfants des femmes présentant le taux de butylbenzyle phtalate le plus élevé en comparaison des enfants nés des femmes les moins exposées. Un chiffre qui atteint 78% pour l’exposition au dibutyl phtalate. Les chercheurs supposent que ces phtalates présentent des propriétés allergisantes et agissent directement sur le système immunitaire.

La difficulté réside dans le fait que les phtalates sont des composés chimiques très courants, auxquels nous sommes exposés quotidiennement. Utilisés dans les matières plastiques, ils les rendent plus souples et en améliore la durée de vie. On les retrouve dans quasiment tous les PVC, comme le benzylbutyl phtalate. Ce dernier est aussi utilisé dans les polymères des revêtements des sols, des peintures plastiques et même des emballages alimentaires ! Le dibutyl est quand à lui présent dans les polymères du chlorure de vinyle ou encore de la cellulose.

Du fait de leur toxicité déjà connue notamment comme perturbateur endocrinien, les phtalates sont soumis à des restrictions d’usage. En France, ils ont été interdits en 2009 dans les produits à destination des enfants, mais cette étude montre clairement que ce n’est pas suffisant et que la prévention de l’asthme passe par la protection des femmes enceintes.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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