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Revue du Web #33 : les vidéos de la semaine

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Toutes les deux semaines, la rédaction vous propose quelques vidéos glanées sur la Toile, présentant un intérêt scientifique certain, en lien – ou non – avec l'actualité des sciences. Certaines sont étonnantes, d'autres franchement loufoques.

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Débutons avec une équipe de l’université d’Arizona State, capable de couper sans fioritures une goutte d’eau en deux autres ;
  • Un variateur de vitesse mécanique… construit en Lego : c’est la prouesse réalisée par un jeune diplômé français plein de ressources ;
  • Se promener sous la pluie, sans se mouiller ? Le Barbican Center, à Londres, héberge la « Rain Room », une création artistique défiant toute logique météorologique ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug », la veste qui gonfle avec vos « likes », et votre ego ;
  • En bonus, une photo et une vidéo d’une création temporaire ayant fait apparaître les mille premières décimales du nombre pi dans le ciel de la baie de San Francisco.

Couper une goutte d’eau en deux

Pour débuter cette trente-troisième Revue du web, allons faire un tour du côté de l’Université d’Arizona State, où une équipe d’ingénieurs a développé un couteau capable de séparer très proprement une goutte d’eau en deux nouvelles gouttes distinctes. La lame du couteau, résultat des travaux du professeur Antonio García et de son équipe, appartiendrait selon eux à un « nouveau genre de métal », autorisant les bio-séparations les plus propres. Le cœur de la lame est constitué de deux fines couches de zinc et de cuivre ; une fois forgée, la lame est nettoyée à l’acétone, mais aussi avec de l’éthanol, de l’eau déminéralisée puis séchée avec de l’azote. La lame est enfin trempée dans une solution de nitrate d’argent pendant une vingtaine de secondes, puis dans une solution hydrophobe, que l’équipe de scientifiques nomme « HDFT ». Nous sommes encore loin de Moise ouvrant la Mer Rouge, mais peut-être qu’avec un peu de patience…

L’hydrophobie se définit assez simplement : l’angle de contact d’une goutte d’eau, lorsqu’elle est sur une surface plane (localement), doit dépasser les 90 degrés. Au-delà de 150°, la surface est alors considérée comme étant super-hydrophobe. Un angle de contact égal à 180° signifie que la goutte d’eau est complètement sphérique, repoussant la zone de contact jusqu’à un simple point. À titre d’exemple, le Téflon d’une poêle n’est qu’hydrophobe, l’angle de contact moyen étant de 95°.
La super-hydrophobie présente de nombreux intérêts : outre ses évidentes qualités d’imperméabilisation, elle permet de lutter assez efficacement contre le gel, souvent fatal pour les isolants électriques, les lignes à haute-tension, ou le revêtement des ailes d’un avion. Elle est également efficace pour lutter contre la corrosion.

Un variateur de vitesse mécanique… construit en Lego

Jusqu’où peut-on aller avec des Lego ? Madeleine de Proust de bon nombre d’ingénieux bricoleurs en herbe, certains n’ont apparemment jamais décroché, et fleurissent alors ici et là sur de nombreuses plateformes de partage ou sur des blogs, des vidéos venant illustrer l’inventivité de nombreux internautes. Nous vous parlions déjà ici (//www.techniques-ingenieur.fr/actualite/informatique-electronique-telecoms-thematique_193/revue-du-web-13-les-videos-de-la-semaine-article_66564/article_66564_3.html) de l’imprimante 3D d’Arthur Sacek, entièrement conçue à l’aide de Lego, et là (//www.techniques-ingenieur.fr/actualite/informatique-electronique-telecoms-thematique_193/revue-du-web-13-les-videos-de-la-semaine-article_66564/article_66564_4.html) de l’horloge « LCD » construite par le programmateur et développeur suédois Hans Andersson. La vidéo qui suit présente un variateur de vitesse mécanique entièrement conçu à l’aide d’éléments de la célèbre marque danoise, mis au point par le Français Nicolas Lespour, qui impressionne du haut de ses 23 ans.

Un variateur de vitesse mécanique (CVT en anglais, pour « Continuously Variable Transmission ») permet de faire varier de manière continue le rapport de démultiplication d’un moteur. Il permet à un moteur de ne pas forcer, tout en permettant une variation de vitesse et du couple. Ce variateur de vitesse est constitué de deux différentiels à glissement limité entre eux. Ils sont connectés l’un à l’autre par un engrenage 24/24 d’un côté, de l’autre par un engrenage dont le rapport est cette fois-ci de 8/40 avec une roue dentée de huit dents sur pin à friction qui n’autorise pas la rotation. Lorsque le dispositif fonctionne normalement et sans contrainte, la puissance fuit par la sortie qui oppose le moins de résistance, donc par l’engrenage au rapport de 24/24. Le rapport est de 1:1, la vitesse atteinte est alors maximale. A l’apparition d’un couple résistif plus puissant que le pin à friction, ce dernier se met alors à tourner, laissant cette fois-ci la puissance fuir par l’autre engrenage, avec un rapport de 1:5. Le pin à friction glisse plus ou moins en fonction du couple résistif, permettant au rapport de varier de manière presque linéaire, de 1:1 à 1:5.
Afin de visualiser plus aisément la vitesse du moteur et la vitesse en sortie, le jeune Français a adjoint à l’ensemble deux tachymètres centrifuges. « Plus le tachymètre tourne vite, plus les bras s’écartent, et plus cela tire l’axe 8 avec stop qui tient la crémaillère, faisant ainsi tourner l’aiguille du compte-tour. » explique-t-il. Au final, ce variateur de vitesse mécanique permet au moteur de conserver une vitesse constante (200 tours par minute), avec une variation de la vitesse en sortie de 200 à un peu plus de 40 tours par minute, et une variation du couple disponible de 1 à 5, de 50 N.cm à un peu moins de 250 N.cm (un peu de couple se perd dans le pin à friction).

Il aura fallu un mois à Nicolas Lespour pour développer le concept en Lego, en s’appuyant sur le principe de base du glissement différentiel, principe connu depuis longtemps. Selon lui, la plus grande difficulté rencontrée lors du développement de son variateur de vitesse mécanique fut de « tarer mécaniquement les compteurs de vitesse centrifuges qui fonctionnent sur le principe du régulateur à boule de Watt, pour que la variation de vitesse s’imprime bien sur les compteurs ».
Loin d’en être à son premier coup d’éclat, le jeune diplômé offre par ailleurs ses services de conception Lego à des entreprises.
Le site du jeune concepteur français :
http://www.nico71.fr/

Se promener sous la pluie… sans se mouiller !

A défaut de pouvoir réellement contrôler la météo, que diriez-vous d’une petite promenade sous la pluie sans parapluie ni imperméable… et surtout sans vous mouiller ? Le Barbican Center, plus grand centre consacré aux arts du spectacle et à l’art contemporain en Europe, situé dans le nord de Londres, a invité le studio d’art contemporain anglais rAndom International qui présente ici une œuvre qui défie la logique des éléments. Baptisée « Rain Room », la performance qui a lieu dans une salle du Barbican permet à l’amateur d’art comme au simple curieux de traverser la pluie artificielle, phénomène « local » s’exprimant sur une surface d’une centaine de mètres carré, sans se mouiller le moins du monde malgré l’absence de protection. Il suffirait de se lancer.

Ce n’est évidemment pas de la magie, ni un miracle : au fur et à mesure de leur progression, de nombreux capteurs vidéos disséminés un peu partout autour de la salle repèrent et traquent les mouvements des quelques courageux qui ont osé se risquer sous le rideau de pluie torrentielle. Les informations des capteurs sont envoyées en temps réel vers un poste central qui contrôle le débit de chacun des robinets (qui ne sont autres que des vannes à solénoïde, aussi connues sous la dénomination d’électrovannes). Une fois l’information reçue et traitée, le poste central interrompt immédiatement le débit des vannes sous lesquelles les personnes se trouvent, créant une bulle salvatrice, un espace épargné par les éléments et la pluie artificielle.

On notera tout de même que le reporter de l’AFP (à l’origine de la vidéo), lui, ne se risque pas à filmer « caméra au poing » la traversée de la « Rain Room », son pragmatisme connaissant quelques limites que d’aucuns pourraient qualifier de raisonnables. Car bien que le système fonctionne, on soupçonne que l’on doit bien évidemment recevoir, ici ou là, quelques gouttes et menues éclaboussures.

Le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug », la veste qui gonfle avec l’ego

Pour conclure cette trente-troisième revue du web, voici le gadget (inutile ?) de la semaine : « Like-a-Hug » (« comme un câlin »), qui n’a pas heureusement encore dépassé le stade de projet, est une veste conçue par un groupe d’étudiants du Massachusetts Institute of Technology (le fameux MIT), dont le degré d’excellence nous avait pourtant déjà habitué à beaucoup, beaucoup mieux. La particularité de cette veste, présentée lors d’un exercice du prolifique MIT Media Lab? Elle devrait pouvoir gonfler – comme votre ego – à mesure que vous receviez des « likes » sur votre compte Facebook.

Lassé par la désincarnation du célèbre réseau social, le groupe d’étudiants américains a eu l’idée de concevoir cette veste et de la relier au compte Facebook de l’utilisateur. Il suffit alors qu’une ou plusieurs personnes faisant partie de votre groupe d’amis se manifestent et disent aimer (« liker ») l’une de vos publications, ou l’une de vos photos en ligne pour que la veste se mette à gonfler instantanément, incarnation supposée évidente d’un geste de réconfort simple et indépassable, vous autorisant à vous lover dans la douce chaleur d’un like amplement mérité. Pour retourner le câlin, une simple pression sur la veste suffit, permettant à la veste de se dégonfler dans un même élan.

Pour Melissa Kit Chow, l’une des conceptrices de la veste, « Like-a-Hug » nous permettrait « d’être plus proche malgré la distance physique ». Pas sûr pourtant que cette veste puisse pallier les frustrations nouvelles et les aigreurs sociales liées à l’ère du tout numérique.

Bonus : les décimales de Pi dans le ciel de San Francisco

En bonus cette semaine dans la Revue du web, découvrez une photo et une vidéo prouvant que San Francisco est bien la terre sainte de tous les geeks. Le happening, qui aura nécessité cinq avions volant en formation rapprochée, a eu lieu au-dessus de la baie de San-Francisco il y a quelques semaines, et est l’œuvre d’un certain « Ishky », artiste du cru. Baptisée « Pi in the sky » (« Pi dans le ciel ») et réalisée en collaboration avec le studio de design californien Stamen Design, l’OVNI artistique avait pour cadre la biennale Zero 1 de cette année. « Pi in the sky » est l’apparition temporaire des mille premières décimales du nombre « pi » (rapport entre la circonférence d’un cercle et son diamètre), sculpture céleste au-dessus de l’Etat de Californie.

La création de l’enfant du pays est magnifiée tant par la prouesse technique nécessaire à sa réalisation que par son évanescence : il aura fallu près de 160 kilomètres aux cinq avions (dont nous pouvons saluer le vol rapproché et synchronisé) pour venir à bout des mille décimales, les premières décimales ayant pourtant été balayée par le vent depuis bien longtemps. Nombreux sont ceux qui ne sont pas parvenus à percer le mystère de ces chiffres énigmatiques, pensant de prime abord à… un numéro de téléphone. Comme dans la vidéo qui suit…

Par Moonzur Rahman, journaliste scientifique

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