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Décryptage

Un bouchon de bouteille « UV », purificateur d’eau ?

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

L'entreprise américaine CamelBak a mis au point une bouteille censée pouvoir purifier toute eau pour la rendre potable grâce aux ultraviolets, et ce en une minute. Mais ce dispositif est-il aussi sûr que l'annoncent les concepteurs ?

Lors d’une randonnée plus ou moins longue et plus ou moins éprouvante, il semble raisonnable de voyager léger plutôt que de s’encombrer avec toutes sortes de gadgets pas toujours pratiques. Il est par contre difficile de se passer d’eau potable

Deux solutions s’imposent lorsqu’on ne peut en trouver au cours de la randonnée : partir avec une assez grande quantité d’eau, ou emmener un dispositif de purification. C’est tout du moins l’argument avancé par les concepteurs d’un purificateur d’eau niché à l’intérieur même du bouchon d’une bouteille, sous la forme d’une ampoule à ultraviolets. La bouteille « All Clear » de la jeune société américaine CamelBak s’occuperait donc de tout, une fois remplie d’eau, rebouchée et allumée.

L’écran LCD se trouvant sur le dessus du couvercle guide l’utilisateur pas à pas, assurant le décompte des soixante secondes nécessaires selon les concepteurs à purifier l’eau, et donne des informations sur l’état de charge de la batterie. Il suffirait alors de retourner et de secouer plusieurs fois la bouteille pendant le processus de purification, pour permettre à l’ampoule UV de traiter le maximum d’eau possible et ainsi détruire la plus grosse partie des bactéries, virus et protozoaires, mis à part 0,1 % de chacune de ces catégories, pour 75 centilitres d’eau, toujours d’après les statistiques avancées par les concepteurs.

Un procédé pas encore 100 % efficace

La durée de vie de l’ampoule est estimée à une dizaine de milliers de cycles, permettant de purifier environ trois litres d’eau par jour, et ce pendant plus de sept ans. La bouteille de CamelBak aurait déjà du être commercialisée en 2009, mais les Américains avaient alors décidé de retarder sa mise sur le marché, jugeant que leur produit n’était pas assez efficace. Le processus de purification est désormais plus rapide, l’ampoule dure plus longtemps et la batterie est intégrée de manière plus « douce » à l’ensemble. Le prix a également été revu à la baisse, 99 dollars pour le kit contenant une bouteille, le bouchon purificateur, un bouchon standard permettant de boire aisément, un étui de protection et un câble USB pour recharger le dispositif. Un tamis au maillage de 100 microns est par ailleurs fourni pour 15 dollars supplémentaires.

Pourtant, malgré les déclarations rassurantes, la qualité de l’eau ne semble pas à 100 % avérée. En effet, certains agents infectieux (et pas des moindres) ne disparaissent pas après une minute d’exposition à un rayonnement ultraviolet. Une période d’obscurité d’une vingtaine de minutes est parfois nécessaire, pour contrer les effets de la photolyase, enzyme réparant certains dégâts causés dans l’ADN des agents infectieux par les ultraviolets, réaction déclenchée par la simple exposition à la lumière.

Les polluants chimiques tels que le chlore et les métaux lourds ne sont pas détruits par simple exposition aux ultraviolets. Quant aux microbes eucaryotes, il faut plus de temps pour s’en débarrasser car leur processus de réplication est plus long. La bouteille « All Clear » est donc un produit à suivre, mais avec précautions pour le moment.

Par Rahman Moonzur

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