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Décryptage

[Vidéo] Crash Rio-Paris : les deux boîtes noires repêchées

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

L'enquête sur la catastrophe du vol AF447 connaît un tournant décisif. La seconde boîte noire, contenant l’environnement acoustique du poste de pilotage, a été repêchée lundi soir, le lendemain de la découverte du premier enregistreur.

La deuxième boîte noire, contenant les conversations de l’équipage dans le cockpit (le CVR ou « Cockpit Voice Recorder ») de l’Airbus d’Air France accidenté en 2009 au large du Brésil, a été localisée à une dizaine mètres du premier enregistreur et repêchée lundi soir.

Elle est « entière » et « en bon état », a indiqué le directeur du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA), chargé de l’enquête technique de la catastrophe. « La boîte noire est entière. Le châssis, le module et même le cylindre de balise sont là. Globalement, l’aspect extérieur du boîtier est correct, en bon état », a précisé ce dernier.

Dimanche dernier, la première boîte noire (« Flight Data Recorder » ou FDR), contenant tous les paramètres du vol, avait été localisée et remontée hors de l’eau, à bord du navire Ile-de-Sein par le robot Remora 6 000.

Grâce à cette découverte, la lumière va peut-être pouvoir être faite sur le crash de l’Airbus A330-203 du vol AF447 qui s’était abîmé dans l’Atlantique sud le 1er juin 2009 – faisant 228 morts dont 72 Français. « Si on arrive à lire les deux enregistreurs, on arrivera à comprendre ce qui s’est passé », a expliqué le directeur du BEA.

Un bras terminé par une pince du robot sous-marin Remora 6  000 saisit le module pour le placer dans un panier et le remonter à la surface.

Les mémoires seront-elles lisibles ?

Après deux ans dans l’eau de mer, rien n’indique que les données du FDR et du CVR seront exploitables. Prévues pour résister un mois à 6 100 mètres de profondeur, celles-ci auront passées près de 22 mois à 3 900 mètres de profondeur.

Jean-Paul Troadec, directeur du BEA, semblait pourtant confiant à la découverte du premier module : « Le boîtier a l’air en bon état physique. Nos experts nous disent que nous pouvons espérer pouvoir lire ces données. » La porte-parole du BEA se montre toutefois plus nuancée :  « Une chose est claire, c’est que même si la boîte n’a pas l’air endommagée, on ne peut pas se prononcer sur son fonctionnement tant qu’on ne l’a pas ouverte. Cela demande des équipements extrêmement pointus. L’analyse ne peut se faire qu’à Paris. »

Les modules mémoires, placés sous scellés et immergés dans de l’eau douce pour les conserver le plus possible dans leur état actuel, seront transportés d’ici 8 à 10 jours au BEA, au Bourget, près de Paris, où ils seront dépouillés par des experts.

 

C.H.

 

Déjà paru :

Vol AF447 : un navire d’Alcatel-Lucent choisi pour remonter l’épave

 

La découverte, en images, de la première boîte noire (reportage du BEA) :

 

Découverte de la deuxième boîte noire :

 

Boîte noire : comment ça marche ?

Les boîtes noires, en fait de couleur orange, sont étudiées pour résister à de fortes pressions, 6 000 mètres sous l’eau pendant un mois, et des températures pouvant atteindre 1 000 degrés C. Les cartes mémoire électronique qu’elles contiennent sont en revanche plus fragiles.

La première boîte ou FDR flight data recorder » )  comprend un support qui centralise et compacte les données, un bloc mémoire ainsi qu’un émetteur radio. Elle enregistre tous les paramètres électroniques, jusqu’à un millier sur les avions les plus modernes. Vitesse, altitude, cap magnétique, état des moteurs, fonctionnement du pilotage automatique, des commandes de vol, pressurisation, température… sont enregistrés toutes les secondes. Le FDR Honeywell 4700 de l’A330 d’Air France peut stocker dans la mémoire statique 1 300 paramètres des 25 dernières heures de vol.

La seconde boîte noire ou CVRcockpit voice recorder ») enregistre en boucle, tout l’environnement acoustique du poste de pilotage, pour une durée maximale de 120 minutes d’enregistrement ou une demi-heure en haute qualité. Cela inclue les conversations entre les pilotes mais aussi avec les contrôleurs. Avec les nouvelles technologies, le moindre son peut être analysé : bruit des moteurs en arrière-plan, sons extérieurs, pluie, orage, choc sur la carlingue, etc.

La balise à déclenchement automatique est intégrée à chaque boîte noire. Elle permet de les récupérer. Leur autonomie dépasse rarement un mois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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