Un tribunal néerlandais a tenu une audience mercredi pour déterminer s’il convient d’ordonner une enquête sur Nexperia, entreprise chinoise de semi-conducteurs basée aux Pays-Bas, qui se trouve au coeur d’une bataille géopolitique.
La société, dont la maison mère est le groupe chinois Wingtech, est au centre d’un bras de fer entre Pékin et l’Occident. Cette situation menace de paralyser les constructeurs automobiles dépendants de ses composants électroniques.
Fin septembre, l’Etat néerlandais a pris de facto le contrôle de l’entreprise, invoquant une loi de 1952.
En octobre, la Chambre des sociétés de la Cour d’appel d’Amsterdam a suspendu le directeur général chinois de l’entreprise, Zhang Xuezheng, aussi appelé M. Wing, mettant en avant des inquiétudes quant à sa gestion.
Dans une décision d’urgence, le tribunal a également transféré toutes les actions, à l’exception d’une seule, à un administrateur judiciaire indépendant.
Les dirigeants européens de Nexperia demandent désormais à la Chambre des sociétés d’ordonner une enquête approfondie sur la gestion de la société et de maintenir la suspension du directeur général.
Les avocats de Nexperia ont accusé mercredi Wingtech de mener une « politique de la terre brûlée » dans ses tentatives de reprendre le contrôle de l’entreprise, insinuant que le directeur général préférait détruire la valeur de la société plutôt que de faire des concessions.
« Wingtech met tout en oeuvre pour déstabiliser Nexperia, déjà fragilisée par une situation critique », a déclaré l’avocat Jeroen van der Schrieck.
Zhang Xuezheng était absent à l’audience. Son avocat a indiqué qu’il n’était pas en état d’y assister et que l’affaire le touchait personnellement.
« L’intervention chez Nexperia, et surtout la manière dont elle s’est déroulée, est incompréhensible pour M. Wing », a affirmé Jan Bart van de Hel, avocat du dirigeant chinois.
« Il n’aurait jamais fallu intervenir. L’affaire a dégénéré inutilement », a-t-il ajouté.
« Pour Wingtech, les véritables raisons qui ont poussé le ministre à intervenir restent un mystère », a estimé Dirk-Jan Duynstee, avocat de la société chinoise.
La Chambre des sociétés de la Cour d’appel d’Amsterdam a indiqué qu’elle annoncerait sa décision dans un délai de quatre semaines.
Le tribunal pourrait ordonner une enquête s’il a des raisons valables de douter de la politique et des opérations commerciales saines de Nexperia, a-t-il déclaré.
Si le tribunal décide d’ordonner une enquête, il peut également maintenir ou modifier ses décisions rendues en octobre.
En revanche, si le tribunal décide qu’aucune enquête n’est nécessaire, les décisions rendues en octobre seront caduques.
La décision du gouvernement néerlandais de prendre le contrôle de Nexperia avait provoqué la fureur à Pékin, qui avait aussitôt ordonné le blocage des exportations de produits Nexperia depuis la Chine.
Les semi-conducteurs sont fabriqués en Europe, puis envoyées en Chine pour la finition, avant d’être réexportées vers les clients en Europe et sur d’autres marchés.
Des constructeurs automobiles européens, tels que Volkswagen, ont averti qu’une pénurie de ces semi-conducteurs pourrait entraîner des arrêts de production, car elles sont indispensables à l’électronique embarquée.
Fin octobre, à la suite de négociations commerciales entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, Pékin a accepté de reprendre ses exportations.
En réponse, le gouvernement néerlandais a annoncé la suspension de sa procédure d’expropriation d’urgence.
cvo/nth
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »









Réagissez à cet article
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Inscrivez-vous !
Vous n'avez pas encore de compte ?
CRÉER UN COMPTE