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Dauphins: un rapport scientifique plaide pour des alternatives à la fermeture de la pêche

Posté le par AFP

Un rapport scientifique publié mardi, portant sur les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, plaident pour des mesures plus ciblées que la fermeture temporaire de la pêche, reconduite cet hiver, afin de préserver les cétacés – mais aussi la filière.

« Cette mesure, efficace à court terme mais coûteuse sur le plan économique et social, appelle à discuter et évaluer des options alternatives », écrivent dans un communiqué les auteurs du projet Delmoges, piloté par l’Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, en partenariat avec l’Université de Bretagne occidentale et le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).

L’interdiction de la pêche a été reconduite du 22 janvier au 20 février 2026, pour la troisième année consécutive, dans le golfe de Gascogne.

Lancé en 2022, le projet Delmoges a mené l’enquête auprès de divers acteurs, dont la filière pêche et des ONG, avec une volonté de concilier protection de la biodiversité et pérennité des activité économiques.

Balises acoustiques, changement de stratégie de pêche, fermeture temporaire de zones à risque… : « pour l’heure, aucune des mesures pouvant être mises en oeuvre à court terme ne semble pleinement satisfaisante », jugent les scientifiques qui ont étudié les mécanismes à l’origine des captures.

Selon leurs travaux, le réchauffement des eaux, sous l’effet du changement climatique, concentre les proies des dauphins (les petits poissons pélagiques) près des côtes, attirant ces derniers dans les zones de pêche hivernales, et augmentant ainsi leur vulnérabilité.

« Les dauphins, globalement en bonne santé au moment de leur mort, sont capturés lorsqu’ils chassent activement les anchois et sardines », résument les auteurs du rapport.

En croisant toutes les données disponibles sur les cétacés, leurs proies et les captures observées sur une période donnée, les scientifiques ont pu identifier des zones où le risque était le plus élevé, ce travail de « cartographie fine » ouvrant la voie, selon eux, à des mesures de gestion plus adaptées.

Des propositions ont émergé durant l’enquête: fermetures ciblées de zones de pêche, en fonction des cycles biologiques de certaines espèces (sole, bar, lieu) ; ajustements de quotas, aides ciblées ou encore modulation de l’effort de pêche.

Selon le CNPMEM, le rapport confirme que la hausse des captures accidentelles depuis 2016 « est liée avant tout au déplacement des dauphins vers les zones côtières », du fait de l’évolution climatique, les pêcheurs en étant « directement impactés ».

Alors que selon l’observatoire spécialisé Pelagis, la fermeture temporaire du golfe de Gascogne a réduit de 60% les captures accidentelles à l’hiver 2024/2025 comparé aux années précédentes, les professionnels considèrent que « l’impact réel » de cette mesure reste à évaluer et que des « solutions adaptées et opérationnelles » restent à trouver.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »

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