Le tribunal judiciaire de Paris rendra le 25 juin sa décision concernant TotalEnergies, accusé par des ONG et la Ville de Paris d’avoir manqué à son devoir de vigilance sur les risques environnementaux, ont fait savoir les juges vendredi à l’issue de deux jours de plaidoirie.
Les enjeux sont de taille pour le groupe pétrolier au regard des demandes des plaignants dans cette procédure inédite: la cessation des nouveaux projets d’hydrocarbures, une réduction de la production de pétrole de 37% en 2030 et de 25% de celle du gaz à la même date.
Dans cette affaire, TotalEnergies se défend d’avoir à prendre des mesures engageantes dans son plan de vigilance concernant les émissions indirectes de gaz à effet de serre générées par l’usage de son pétrole et de son gaz par ses clients.
Pour le groupe pétrolier, « le devoir de vigilance » des grandes entreprises, introduit par une loi de 2017, « ne comprend pas le réchauffement climatique », qui serait seulement couvert par des obligations déclaratives, avaient défendu ses avocats jeudi.
« On prend des engagements sur le sujet », mais « auprès de nos (…) investisseurs », a reconnu à la barre le directeur développement durable du groupe Aurélien Hamelle; « il y a des conséquences à ça, mais pas juridiques », a-t-il ajouté.
Au contraire, pour les quatre ONG à l’initiative de l’action, dont Sherpa et Notre Affaire à Tous, la loi sur le devoir de vigilance, lorsqu’elle évoque la « prévention » des « risques environnementaux », inclut aussi bien la pollution locale qu’un phénomène global comme le réchauffement climatique.
« Vendre des hydrocarbures pour qu’ils soient brûlés crée un risque » environnemental, ont ainsi justifié jeudi leurs avocats à la barre. Cette question de droit était au coeur des plaidoiries jeudi et vendredi, avec l’intervention –fait rare pour un procès civil– du parquet de Paris.
Si le procureur a reconnu jeudi que la « formulation employée par le législateur ne détermine pas la nature même des risques », « une exigence de protection trop globale » qui incomberait aux entreprises, « n’est pas envisageable, » a-t-il rajouté, rejoignant les arguments de TotalEnergies.
Plus particulièrement, les associations reprochent au groupe de « refuser d’intégrer » dans son plan de vigilance « ses émissions indirectes », celles de ses clients finaux, soit 342 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an.
max/hrc/vmt
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