La Cour des comptes fustige dans un rapport le soutien public à la reconversion à la biomasse de la centrale de Gardanne, près de Marseille, détenue par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, un projet qui pourrait coûter jusqu’à 1,5 milliard d’euros à l’État contre 800 millions initialement prévus.
« Ce projet, caractérisé par un fonctionnement chaotique, a bénéficié en 2024 d’un soutien public renouvelé et important, dans des conditions contestables tant aux plans technique, juridique qu’environnemental », écrivent les magistrats financiers dans un rapport.
Initialement, le coût de ce soutien public avait été estimé à 800 millions d’euros sur huit ans.
Mais il pourrait « se révéler supérieur » dans les cas où « les prix de marchés seraient bas. Dans certaines hypothèses étudiées par l’administration, le coût pour les finances publiques atteindrait 1,5 milliard d’euros », selon le rapport.
La Cour s’étonne qu’en décembre 2024 « aucune disposition » n’ait été prévue « visant à plafonner l’avantage économique accordé à GazelEnergie, filiale du groupe EPH de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire depuis 2019 du site.
S’y ajoute « le risque juridique lié à la possibilité pour des tiers s’estimant lésés par l’exécution du contrat » de « saisir » la justice.
En choisissant la voie d’un avenant à un contrat existant, l’État a « évité une nouvelle mise en concurrence », tout en fixant des conditions de rémunération beaucoup plus avantageuses pour GazelEnergie, dénonce la Cour des comptes.
Autre « fragilité juridique », selon ce rapport: le dispositif de soutien « n’a pas été notifié » à la Commission européenne, « ce qui était au demeurant déjà le cas pour le contrat initial ».
La centrale de Gardanne, « la seule entièrement reconvertie en biomasse en Europe », selon GazelEnergie, a redémarré fin 2025 après des années de turbulences, passant d’une capacité charbon de 600 MW à une tranche biomasse de 150 MW de production, de quoi alimenter quelque 125.000 foyers, soit deux fois la ville voisine d’Aix-en-Provence.
Mais la Cour estime que le besoin énergétique d’une telle reconversion n’est pas « justifié » en Provence.
L’électricité produite à Gardanne à partir de biomasse est rémunérée à 260 euros du mégawattheure, un prix extrêmement élevé comparé au prix conseillé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), de 188 à 191 euros du mégawattheure, relèvent Les Echos.
Les auteurs du rapport pointent aussi un mauvais bilan environnemental. La majeure partie du bois brûlé dans la centrale est de l’eucalyptus venant du Brésil.
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